Les voyages de Mamina

Les voyages de Mamina

mardi 10 janvier 2017

Cuba - 8 - Baracoa


La nuit a été un peu agitée et bruyante. Nous avons entendu des téléphones sonner, des télévisions allumées et lorsque nous arrivons pour le petit déjeuner, Isaac, la mine défaite, nous annonce la mort de Fidel Castro !
Effectivement la télévision passe en boucle des portraits du Commandente, des commentaires et des déclarations. L' annonce est faite de 10 jours de deuil national sans alcool et sans musique ! Pour nous fini les petits mojitos auxquels nous avions pris goût et fini les orchestres de rue, les passages dans les casas de la musica !
ça va être nettement moins sympathique et dynamique.
Nous compatissons quand même pour le peuple cubain qui parait en majorité bien affecté. Thaïly, notre petite guide, est bien triste ce matin. Dans le quartier où nous sommes tout est calme, pas de rassemblement de rue, chacun poursuit ses occupations. Dans les différentes casas où nous logeons les réactions sont différentes, nos compagnes parisiennes ont presque eu du mal à avoir leur petit déjeuner tellement leur hôtesse était effondrée, chez nous les visages sont restés graves, chez d'autres juste un haussement d'épaules.
Rien ne semble changé sinon quelques portraits de Fidel qui apparaissent aux balcons et la télévision qui montre à longueur de journée des images de La Havane.

 
Quant à nous, hé bien nous continuons notre voyage en nous disant qu'une nouvelle fois nous avons eu "notre aventure" du séjour !!!

Baracoa est la ville la plus à l'Est de l'ile, c'est la première ville fondée en l511, c'est l'endroit où a débarqué Christophe Colomb en 1492 croyant avoir atteint les Indes !
C'est une jolie petite ville dans un décor de palmiers, de sable blanc, célèbre pour la culture du cacao et cette étape dans un coin de paradis pour finir le circuit nous plaisait particulièrement.
Sauf que.... sauf que entretemps l'ouragan Matthew est passé par là au début du mois d'octobre et a fortement touché la région. J'ai vu des photos sur internet, arbres abattus, forêt dévastée, maisons détruites, ponts engloutis et pendant un moment nous pensions même que cette étape allait être supprimée. J'avoue qu'aller dans ces conditions à Baracoa ne me tentait plus du tout.
Huit jours avant notre départ l'état cubain a donné l'autorisation aux touristes de s'y rendre après avoir remis les structures en état.... pour la nature c'est autre chose !
Ces dernières années Baracoa est devenue une belle destination touristique et certainement que les habitants, après plusieurs semaines sans ressources, vont être contents de reprendre leurs activités.

Nous quittons Santiago en passant devant la Place de la Révolution et l'immense statue d' Antonio Maceo, héros de la guerre d'indépendance de la fin du 19 ièm s., les 23 barres de fer dressées devant lui représentent les 23 coups de machette qu'il reçut lors de sa mort.


Nous en avons pour 5 h de bus et notre premier arrêt se fait à Guantanamo... alors là, j'avoue, avant la préparation du voyage je ne savais pas que la "célèbre" prison américaine était sur l'île de Cuba ! en fait, au sud de Guantanamo, autour d'une vaste baie, se situe une base américaine, véritable ville en territoire cubain.
Ceci n'est évidemment pas au gout des cubains et nous nous en rendons compte sur une carte de la
 province !
Face à l'hôtel où nous avons fait notre arrêt se trouve la place de la Révolution avec à nouveau les monuments à la gloire des héros ; le drapeau est en berne.

 


Après Guantanamo nous longeons pendant quelques dizaines de kms la mer des Caraïbes, pas vraiment de belles plages mais une côte découpée formée de dépôts coralliens érodés par la mer, la zone est semi-désertique. Une petite halte sur les rochers où nous découvrons plein de traces de fossiles.







Puis nous partons à l'assaut de la Sierra del Purial par une route qui serpente à flanc de montagne au milieu d'une végétation luxuriante. Malheureusement le mauvais temps se met de la partie, brouillard, pluie (alors que nous avons eu un magnifique soleil depuis le début) et plus nous avançons plus les dégâts du cyclone apparaissent : arbres au sol, toitures arrachées...



Il fait trop mauvais pour nous arrêter aux différents points de vue et dans de nombreux endroits la route est en travaux après l'ouragan. J'avoue que la déception monte et je ne vois pas l'intérêt d'être ici !
Nous arrivons à Baracoa sous la pluie et dans le vent vers 13 h ; nous mangeons dans un restaurant installé dans le Fort de la Punta, un des trois forts de la ville aménagés pour sa protection au 19 ièm s et en plus, pas de mojito ce midi, c'est un restaurant d'état qui suit bien les consignes !




Après le repas nous longeons le malécon (boulevard de la mer) complètement sinistré, les balcons, les volets, les vitres... tout a éclaté ! nous allons  jusqu'au second fort le Fuerte Matachin, face à la statue de Christophe Colomb, derrière le fort une petite place colorée. Nous sommes près de la Playa de Miel au sable gris, aujourd'hui couverte de troncs d'arbres arrachés, de toitures soulevées et de plein de détritus... aucune envie de prendre des photos supplémentaires de ce désastre !
(vous sentez ma mauvaise humeur ? 😫😉)








Puis, entre deux gouttes, nous montons vers le centre historique. Là c'est la surprise, il faut reconnaitre que le Parque Central et les rues avoisinantes ne montrent aucune trace du cyclone et que c'est mignon comme tout. Nous longeons la cathédrale Notre Dame de l'Assomption dans un quartier piéton. Devant l'église la place centrale avec ses bancs verts à l'ombre des arbres légèrement élagués quand même (!) et deux statues importantes : celle de Hatuey, chef de la résistance indigène lors du débarquement de l'armée espagnole pour coloniser l'ile en 1511 et celle de Pelu, un vagabond qui aurait jeté un mauvais sort sur la ville http://laurent.quevilly.pagesperso-orange.fr/Pelu.html
A écouter les habitants de Baracoa ce mauvais sort s'est encore révélé lors du dernier cyclone alors que la ville connaissait une certaine prospérité grâce au tourisme.
La Cruz de la Para, seule croix qui subsiste des 29 qu'aurait planté Christophe Colomb, date du 15 ièm s. et se trouve à gauche en entrant dans l'église.
D'un côté de la place le bâtiment jaune de la "mairie" et à gauche en bleu vif la poste. Sur les hauteurs, au-dessus de la poste on voit le 3 ièm fort  "Fuerte de Seboruco" transformé en hôtel "El Castillo"




          


Puis, au-delà de la place la rue piétonne se prolonge... guère d'animation car il pleut à nouveau. Ici nous retrouvons le style des maisons coloniales avec leurs perrons, leurs colonnades et leurs balustres en bois, le tout très coloré à nouveau. La lumière n'est évidemment pas idéale !


Un long escalier nous mène à l'hôtel El Castillo qui surplombe toute la ville, de là nous devrions voir le fameux "El Yunque" l'enclume, une montagne au sommet plat qui domine Baracoa... ce sera pour plus tard...
Normalement la mer devrait être bleue turquoise !

En descendant nous passons devant la casa de la Trova désespérément fermée et devant de jolies façades.

   


Il ne nous reste plus qu'à aller nous installer dans nos casas. Pour deux nuits nous sommes tous logés dans la même grande maison bleue de deux étages. Nous prendrons le petit déjeuner sur la terrasse ; il pleut, le ciel est gris mais n'oublions pas que nous sommes sous les Tropiques et qu'il continue à faire chaud !


Pour manger ce soir nous choisissons d'aller au restaurant La Colonial pas bien loin de la casa. C'est une charmante maison ancienne à colonnades et aux pièces joliment décorées. La cuisine est délicieuse, proche de la cuisine créole, les plats de crevettes et de poulpe accompagnés de crudités et de riz nous plaisent beaucoup... en plus, ici c'est un restaurant privé, nous pouvons reprendre nos petites habitudes du mojito à l'apéritif et même un verre de vin blanc ! le tout avec modération bien sûr...

    

Il a plu des trombes d'eau toute la nuit. Nous nous demandons si la visite dans les cultures de cacao va pouvoir se faire ainsi que la balade sur l'eau...
Le rendez-vous n'est qu'à 9 h30, nous avons le temps de faire un tour au centre, nous l'aurons arpenté dans tous les sens ! Nous allons d'abord voir la croix dans la cathédrale fermée hier puis nous marchons au hasard, les couleurs vives des maisons apportent un peu de gaieté à l'ensemble bien qu'elles ne soient pas toutes aussi coquettes. Dès que l'on s'éloigne du centre historique rénové les cabanes font leur apparition.
Et nous voilà devant un mur peint bien joyeux !








Quelques trouées de ciel bleu nous font espérer une journée pas trop mauvaise...
Au passage nous voyons que les rivières sont bien pleines et le courant bien fort.
Arrêt dans la campagne près de quelques maisons bien pauvres, nous avons quelques vêtements à donner.



La visite de la ferme du cacao est intéressante bien que l'exploitation soit en partie détruite. Ils ont vite remis sur pied les cabanes de l'accueil et d'exposition, C'est bien qu'on soit là pour faire repartir l'économie
Nous avons toutes les explications par Arusio notre guide bien macho ! Nous terminons avec un excellent chocolat chaud et quelques achats.


              

Il ne reste sur les arbres que quelques cosses abimées et quelques fleurs prometteuses. La récolte se faisant en continu voilà ce que nous aurions du voir (photo récupérée sur internet de cet endroit)


                         
Les plants à repiquer
La fleur préférée de Che Guevara


Thaïly nous amène ensuite dans un endroit qui aurait du être paradisiaque, au bord de la rivière Toa réputée pour ses eaux cristallines, le Ranch Toa. Nous voyons de suite que la promenade sur l'eau sera impossible voire dangereuse. Nous faisons une petite marche avant le repas.




Le repas est très bon, servi dans des bambous.



 En sortant du restaurant notre regard est attiré par un petit groupe de gens semblant faire du commerce. Nous nous approchons et effectivement des pêcheurs vendent des tetis, petits poissons transparents,qui apparaissent dans la baie du Miel uniquement d'aout à décembre pendant les pleines lunes. C'est une spécialité servie dans les restaurant de la ville et des gens du groupe en ont d'ailleurs mangé la veille.


 

Là nous allons encore trainer en ville, un petit marché s'est installé et nous faisons quelques achats dont le journal du jour. Au fond d'une rue nous repérons une nouvelle fresque. Celle-ci représente tous les symboles de la ville : l'oiseau des iles, le coquillage coloré espèce endémique, Christophe Colomb, le fumeur de cigare, Fidel, la Russa, une femme russe qui a fait beaucoup pour Baracoa et bien sûr le Che, le révolutionnaire !


                  

Le ciel est un peu plus clair et du coup nous montons à l'hôtel El Castillo pour essayer de voir au loin la montagne plate et la ville un peu sous le soleil...




D'autres fresques et quelques jolies façades...

    


           Le Che est vraiment partout !


     

Ce soir nous retournons dans le même restaurant et cette fois-ci nous choisissons une langouste grillée....
Demain matin lever très très tôt pour un départ à 4 h 30 !!! nous avons 8 h de bus pour rejoindre Holguin. Ce long trajet est exceptionnel, un pont a été englouti lors du cyclone sur la route du Nord, il nous faut donc repasser par Santiago....
Seuls nous aurions certainement supprimé cette étape et au final je suis contente quand même d'avoir vu Baracoa même si les conditions étaient vraiment défavorables.












1 commentaire:

mariejo a dit…

QUOI ? La mort de Fidel Castro assimilée à un "aventure" du séjour ? Et pourquoi pas à un détail de l'Histoire !! Non mais ! I'm shocked ! (rire)
Quand je pense que même le temps s'était mis aux couleurs du chagrin !
Je ne connaissais pas Antonio Maceo. Combien de héros pour ces guerres d'indépendance ?
Je ris en "te voyant" frustrée parce-que tu n'as pas eu ton quota de mojitos ! Espèce d'ivrogne !
J'ai adoré l'histoire d'el Pelu ! J'ai pris le temps de cliquer sur le lien
Je suppose que tu as fait l'impasse sur les poissons transparents ! J'aurais fait la même chose !
Images désolantes des ruines laissées derrière le passage du cyclone. Ça remet les choses en place ! On se rend compte combien on est petit face à la fureur des éléments. Bisous