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Voici notre circuit : Arrivée Phnom -Penh (2 jours) Battambang (2 jours) Siem Reap, site d'Angkor, Roluos, Phnom Khulen (6 jours) Kompong-Cham (2 jours) Kratie, dauphins, ile Cham (2 jours) retour par Phnom Penh puis Kep, ile aux Lapins (3 jours) Phnom Penh, visite école (2 jours)
Le 22 novembre 2009 Pau - Paris
Premier départ raté en gare de Pau où le TGV nous recrache sur le quai pour cause «de problèmes sur la voie»… nous prenons le train suivant dans la soirée, nous passons la nuit tant bien que mal allongés sur des banquettes, heureusement nous avons prévu large et nous serons à l’heure pour l’avion…. Nous avons même le temps de nous plonger dans l’art khmer au Musée Guimet avant de partir Paris est sous la pluie, dans ses couleurs automnales, il fait bien frisquet mais dans nos sacs se trouvent nos tee-shirts d’été auprès du maillot de bain ! Quelle chance d’aller au chaud et au soleil !
Trois semaines au Cambodge… voilà quelques années que nous ne sommes pas partis aussi longtemps, la maison est bouclée, les RTT posées auprès des petits-enfants et nos compagnons de voyage aussi pressés que nous de partir… Nous avons une fois de plus reconstitué notre petit groupe de 4, c'est une affaire qui marche, pourquoi s'en priver !!!!
Les billets d’avion ont été pris depuis plusieurs mois sur Internet, via le comparateur de VF, nous voyageons avec la Korean Airlines (750 euros) bon OK, nous allons jusqu’à Séoul pour revenir ensuite sur Phnom Penh, c’est un peu long ! Plusieurs heures de transit en Corée, ah ! si j’avais su avant que des visites étaient organisées pour les gens en escale, dommage !
Lundi 23 Novembre - dans l'avion
Nous arrivons à 23 h à Phnom Penh, le taxi réservé en même temps que l’hôtel est bien là, nous avions pris nos visas à Paris, nous sommes très vite hors de l’aéroport dans la chaleur moite du Cambodge.
Le « Frangipani Villas »(40 $ pt-déj + eau + laverie) est très chouette, les chambres spacieuses, beaucoup de charme, une maison ancienne au milieu d’un jardin, dans une petite rue bien calme, pratiquement à l’angle du Bd Sihanouk et du Monivong, mais nous verrons
tout cela demain, pour l’instant pas besoin de berceuses !
Mardi 24 Novembre Phnom Penh
Il est finalement près de 10 heures quand nous nous mettons en route à la découverte de Phnom Penh, nous avons laborieusement commandé nos tickets de bus vers Battambang pour le lendemain matin (toujours mon anglais très approximatif !) pas toujours d’accord avec la compagnie, l’heure ou le prix annoncés, réservés aussi les tuk-tuk qui nous amèneront à la station et même choisi nos plats sur la carte du restaurant de l’hôtel pour ce soir !… bon, on peut y aller, la journée est à nous !
Il fait 32 ou 33 °, l’air est très humide, ce sont les températures que nous aurons pendant tout le voyage, heureusement les nuits sont fraiches et en quelques jours nous nous sommes habitués…
Nous découvrons d’abord un quartier bien populaire avec petits restos sur le trottoir, stands de fruits, de boissons, beaucoup de petits commerçants puis en rejoignant le Bd Sihanouk avec le monument de l’Indépendance dans notre visée, les trottoirs s’élargissent, de belles villas font place aux immeubles décrépis, c’est nickel… belles pelouses, énormes pots de fleurs, peu de circulation et peu de monde… c’est le quartier des Ministères…
Nous avons beaucoup de propositions de chauffeurs de tuk-tuk mais nous voulons marcher, flâner, regarder tout autour de nous… nous remontons une grande esplanade vers le Palais Royal, un vendeur de cerfs-volants un peu esseulé tente d’attirer les enfants, de grands immeubles modernes entourent la place, leurs façades vitrées reflètent les toits rouges et biscornus des bâtiments royaux. Une pagode entourée d’immenses stupas attire notre curiosité, allons voir… C’est le Vat Batum, notre première approche de la religion bouddhiste, nous observons l’organisation autour de la Pagode sans pouvoir nous empêcher de la comparer à nos édifices religieux… Un grand mur d’enceinte protège les lieux, les stupas recueillent les restes de la crémation des défunts (l’équivalent de nos tombes), les bonzes et les nones vivent autour de la Pagode (un peu comme un monastère) donc salles de prières, de repas, dortoirs etc… c’est toute une communauté qui vit ici. Nous nous asseyons un peu à l’ombre, des bonzes viennent discuter, ils préparent leur repas à côté.
Nous repartons vers le Palais Royal et la Pagode d’Argent… les grilles ferment sous notre nez ! il faudra attendre 14 h, nous nous préparons à aller jusqu’au Musée un peu plus haut mais le Lonely nous l’annonce aussi fermé à l’heure de midi… un chauffeur de tuk-tuk, profitant de l’aubaine et voyant notre embarras se propose de nous conduire jusqu’au Musée du Génocide, le seul ouvert à cette heure… on se met vite d’accord sur le prix (nous sommes 4, il nous attendra pendant la visite, ce sera 6 $) et voilà notre première balade en tuk-tuk…. C’est super agréable, enfin un peu de fraicheur, il va lentement, nous avons le temps de regarder, d’admirer, le chauffeur est prudent
et d’ailleurs la circulation est raisonnable.
Ce Musée se situe dans un ancien lycée, les bâtiments ont servi de prison et de salles de torture pendant la période de Pol Pot de 1975 à 1979. C’est un endroit chargé de terreur, des milliers de Cambodgien ont été exterminés à cette époque toute proche… nous avons senti combien ce peuple avait été touché, presque chaque famille a perdu des proches, beaucoup « d’anciens », pratiquant encore un peu le français, nous en ont parlé…
L’histoire du Cambodge est compliquée, période Angkorienne faste, riche et prospère jusqu’au 14 ième siècle, déclin de l’Empire khmer puis partage du pays entre Thaïlandais et Vietnamiens, protectorat français pendant 100 ans , puis Norodom Sihanouk qui tente l’indépendance à partir de 1953, ensuite Pol Pot et ses khmers rouges dévastent le pays qui devient un immense camp de concentration, le Vietnam qui l’envahit et installe un régime à sa solde jusqu’en 1993 (période de boycott de la communauté internationale et période des terrains minés) puis tentatives d’élections démocratiques, les derniers Khmers rouges rendent les armes en 1998 !
Ce n’est que depuis cette période que le Cambodge se reconstruit vraiment avec l’aide de nombreux pays.
La visite du S-21 (quartier de sécurité 21) se fait en silence, difficile de soutenir les regards des centaines de portraits d’hommes, de femmes et surtout d’enfants affichés dans les salles…
Nous ne nous attardons pas…

Nous demandons à notre chauffeur de nous déposer sur le quai Sisowath au bord du fleuve, il doit penser que nous avons faim car il s’arrête juste devant un restaurant ami... tiens, tiens… et pourquoi pas ! Nous ne cherchons pas plus loin et goutons pour la première fois à la cuisine cambodgienne.
Nous aurons généralement, tout le long du trajet d’agréables surprises et nous nous régalerons souvent… parfois la cuisine sera moins savoureuse ou la cuisinière moins expérimentée ? nous sommes 4 et la plupart du temps nous commanderons 4 plats différents dans lesquels nous
piochons tous ; ceci nous a permis de gouter à plein de bonnes choses, toujours accompagnés de riz ou de nouilles à la farine de riz quand nous en avions assez !
Une petite marche sur le quai avant de nous diriger vers le Musée National, passage par le Vat Ounalom où nous guide la jolie musique de violons… deux européens ont choisi cet endroit tout calme au milieu de l’agitation de la ville pour s’entrainer… nous faisons donc le tour de la Pagode accompagnés de sonates. Par curiosité Yolande et moi entrons dans un petit temple où un bonze nous tend de l’encens et nous asperge copieusement d’eau sacrée à l’aide de fleurs de lotus, il récite quelques incantations… Et voilà ! Nous sommes parées pour le voyage, Bouddha va veiller sur nous
Nous prenons notre temps au Musée, le bâtiment est superbe, tout rouge dans un splendide jardin. Après avoir arpenté les salles et admiré les magnifiques pièces, mais nous manquons un peu d’explications, nous apprécions un long moment le jardin intérieur ; la chaleur, le voyage, le
décalage horaire, le repas ont eu raison de nous et nous avons du mal à décoller de notre banc, à l’ombre, devant les bassins plein de lotus…
Allez, un peu de courage si nous voulons voir le Palais Royal et la Pagode d’Argent avant ce soir !

Le Palais Royal est comme il se doit la résidence du Roi, il est possible de visiter la Salle du Trône, les jardins, la salle des Cérémonies, le Pavillon des Danses, le Pavillon de Fer (genre Baltard) offert par Napoléon III et dans la même enceinte se trouve la fameuse Pagode dite d’Argent car son sol est recouvert de 5 000 plaques d’argent, s’y trouvent aussi des Bouddhas couverts de pierres précieuses, en or ou en argent. Aujourd’hui c’est mardi, tous les guides officiels sont habillés en couleur fushia, chaque jour a sa couleur comme dans les anciennes cours royales.
Nous n’avons guère qu’une heure pour tout voir, dès 17 h il commence à faire sombre, à 18 h c’est la nuit…
Nous profitons bien de cette fin d’après-midi, la couleur est très belle, je trouve les fresques intérieures de l’enceinte de la Pagode retraçant le récit du Ramayana particulièrement superbes, le jardin est très soigné, bonzaïs, buissons finement taillés, les stupas renfermant les restes des rois dressent leurs flèches vers le ciel, l’endroit est calme, très peu de monde, je crois que nous sommes les derniers à quitter les lieux… nous venons de passer un très bon moment.

C’est toujours à pied que nous rejoignons l’hôtel et nous faisons bien car l’ambiance du matin n’est plus du tout la même… les rues, les trottoirs, la grande esplanade grouillent de monde ! à croire que tous les habitants sont de sortie… la musique est à fond, des centaines de personnes bougent et dansent sur des rythmes d’aérobic, jeunes, vieux, tous s’y mettent ! et moi qui espérais surprendre quelques personnes âgées faisant tôt le matin leurs exercices de Qi Cong ou de Thaï Chi comme au Vietnam…. Les temps ont changé !!
Les familles sont installées à même le sol et prennent le repas du soir acheté à un marchand ambulant, des groupes de jeunes jouent au foot, des amoureux seuls au monde, des enfants tiennent fortement leurs cerfs-volants, c’est joyeux, bon enfant, souriant…

Une bonne douche pour enlever la poussière, la sueur et la fatigue de la journée… le repas du soir commandé le matin à l’hôtel est bien apprécié et nous permet de ne pas ressortir, nous sommes crevés, quelques kms déjà dans les jambes ; nous éteignons à 21 h 30 (hé oui !) mais nous sommes réveillés à 3 h (décalage !)
Impossible de se rendormir
Mercredi 25 Novembre Battambang
Pas de problème donc pour se lever aux aurores, le bus est à 7 h, longue attente pour le petit déj. Les tuk-tuk sont là à l’heure, nous voyageons avec la Cie Paramount (5 $), la station est dans une petite rue près de la Poste, du coup nous avons un aperçu de ce quartier, plus au Nord de celui que nous avions arpenté hier.
Petit à petit les voyageurs arrivent et, avant le notre, les bus pour Siem Reap ou Sihanoukville.
Nous nous amusons à regarder une bande de macaques qui se faufilent sous les toits, qui font de l’équilibre sur les fils électriques quand soudain, je me rends compte que je suis juste devant la maison d’enfance de Claudie, une copine internaute… hé oui ! je reconnais les fenêtres à petits carreaux rouges... vite, des photos !
Nous assistons au chargement de mobylettes dans les soutes des bus, des marchands ambulants viennent nous proposer de quoi nous sustenter pendant le voyage, tout cela nous occupe jusqu’au départ qui n’a finalement lieu qu’à 8 h !
Nous en avons pour 5 h, autant prendre notre mal en patience ! le bus est plein mais pas surchargé, rapidement nous avons droit à des clips vidéos : soit des sketchs comiques avec le Coluche local soit des clips musicaux d’une mièvrerie déconcertante (on s’aime mais le père ne veut pas ou le fiancé part à la guerre etc…) Seul avantage : c’est à notre niveau de compréhension !!!!
Premier arrêt pipi, y’a une série de toilettes, basiques (un trou et de l’eau) mais propres, rien à dire d’ailleurs tout le long du voyage, c’est généralement bien plus propre qu’en Afrique et moins malodorant !
Deuxième arrêt presque à midi devant une série de gargotes, il y a déjà deux ou trois bus arrêtés, les gens sont attablés devant des bols de soupe. Le temps que nous comprenions comment et quoi commander, un quart d’heure est passé, nous nous installons devant nos bols de soupe aux nouilles (2 pour 4) et nous nous apprêtons à partager une espèce de gâteau frit quand nous nous rendons compte que nous sommes seuls à table ! Tout le monde est déjà remonté dans les bus…. Le notre nous attend patiemment !
Arrivée à Battambang vers 13 h, nous ne sommes même pas sortis du bus que les chauffeurs de tuk-tuk nous assaillent déjà (tous les voyageurs), notre hôtel n’est pas bien loin mais avec les bagages nous sommes ravis de nous laisser transporter…
L’hôtel Royal n’a rien de typique, l’accueil est chaleureux, les chambres propres et spacieuses quant au restaurant sur la terrasse il est à recommander pour sa très bonne cuisine.
C’est ici que nous devons retrouver notre guide car à partir de maintenant nous avons demandé à "Terre Cambodge" de Siem-Reap de nous organiser notre séjour. A aucun moment nous n’avons regretté ce choix car nous avons, grâce à elle, fait un voyage particulièrement varié et original. Au niveau du coût nous avons payé pour les 18 j ce qu'une agence en France nous aurait demandé pour 12 j et tout était compris : transport, hébergement, repas, visites, musées etc... sans que nous ayons à nous en soucier. Ceci nous a permis de manger dans des restaurants locaux et très typiques, parfois chez l'habitant ou de se faire plaisir dans un bon restaurant, même chose pour les nuits, parfois du très basique, parfois de jolis hôtels de charme
Channara nous propose d’emblée de louer des vélos pour nous promener dans la campagne environnante, j’avoue ne pas me sentir en forme du tout pour affronter la chaleur, la circulation et les quelques 20 kms qu’il se propose de nous faire faire… ce sera une autre fois !
Nous partons donc en tuk-tuk vers le Vat Ek, un temple du XI iè siècle en grande partie effondré. Nous traversons plein de petits villages où chacun a sa spécialité. Les tuktuk s’arrêtent, nous laissent au bord de la route pour nous reprendre 2 ou 3 kms plus loin et cela nous permet, en plus de bien nous dégourdir les jambes, d’admirer tout le savoir-faire des familles car c’est toujours un travail en famille.
Ici c’est la cuisson de galettes en farine de riz, elles cuisent sur un four chauffé avec l’enveloppe du riz (rien ne se perd), puis posées sur une grille en bambou et elles sèchent au soleil devant la porte.
Tout est manuel. Un peu plus loin c’est justement à la fabrication de la farine de riz que nous assistons. Une dame nous dépasse avec son vélo chargé de kralan. Ce sont des tubes de bambou dans lesquels elle a fait cuire du riz gluant avec du lait de coco, on ouvre ce tube comme une peau de banane et on mange le riz légèrement caramélisé… c’est très bon et nous nous régalons d’autant plus que le bol de soupe du midi est resté sur la table !!! nous en mangerons à d’autres moments, parfois c’est un peu salé, ceux-là nous ont semblé particulièrement succulents.
Nous arrivons au Temple, proche d’une pagode et d’un immense Bouddha debout. C’est ici que nous entendons pour la première fois le récit du « Barattage de la mer de lait ». Cette scène d’un mythe hindouiste est très joliment représentée sur un linteau d’une des tours et sur le montant
des portes en grès est gravée en sanscrit toute la symbolique des sculptures du temple. La religion cambodgienne est un mélange de religions hindouiste et bouddhiste, et il faut sans cesse faire référence aux trois divinités hindoues ainsi qu’à Bouddha dans toutes ses représentations… je ne suis pas sûre d’avoir encore tout saisi !
Nouvel arrêt au retour pour regarder le séchage des lamelles de bananes.
A l’hôtel un couple de Suisses fait sensation en arrivant à vélo, un tandem sur lequel Madame est couchée à l’avant ! avec leurs sacoches, ils doivent faire avancer près de 260 kgs ! quel courage de se lancer dans un tel périple, ils ont une bonne soixantaine d’années et ils comptent faire plus de 6 000 kms à travers la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam ! Demain matin, avec une bonne vingtaine de supporters cambodgiens nous assisterons à leur départ.

Avant le repas nous faisons un tour au marché tout proche à la recherche de petits citrons verts que nous pressons dans nos bouteilles d’eau – c’est notre élixir en voyage – , c’est un excellent antiseptique et c’est très efficace pour prévenir les problèmes de tourista !
Les marchés ici sont très colorés, ils débordent de fruits et de légumes vendus directement par les producteurs. Les femmes sont soit assises sur de petits tabourets derrière leur marchandise soit en tailleur sur la table qui présente leurs produits. Il est possible de tout acheter, des poissons encore vivants ou séchés, des brochettes de crevettes juste grillées, du canard laqué encore tout chaud, des épices, et surtout de délicieux fruits que pour l’instant nous ne connaissons pas mais qui nous tentent et que nous gouterons avant de repartir…. Nous continuons notre promenade le long de la rivière Stung Sangker, les rives sont aménagées, les gens font comme nous, ils prennent l’air, font une balade ou leur jogging, certains pêchent en contrebas des ponts ce qui nous vaut de belles images de pêcheurs lançant leurs filets à a volée… nous marchons une petite heure…
Au repas nous nous régalons de notre premier « amok fish » poisson cuit dans du lait de coco, c’est le plat cambodgien que nous avons préféré.
Nous nous couchons avec de la musique plein pot sur la ville… c’est la période des mariages, ça dure trois jours, jusqu’à 22 h et à partir de 5 h du matin !!!
Jeudi 26 Novembre Battambang
Les Suisses sont bien partis à 8 h tapantes sous les applaudissements de la rue et nous les suivons jusqu’à la sortie de la ville confortablement installés dans un minibus.
Nous allons jusqu’à Phnom Sampeau, un ensemble de pagodes et de temples en haut d’une colline en forme de bateau. Nous rejoignons le village du bas par une piste de latérite rouge dont la poussière recouvre les habitations et tous les arbres aux alentours… dans quelques mois, en saison
sèche ce doit être intenable !
Nous laissons l’escalier bien raide qui part au pied d’un immense Bouddha que des ouvriers finissent de sculpter dans le rocher pour gravir doucement la colline par un chemin ombragé. Il fait toujours aussi chaud, aussi humide mais on survit !!
Des stèles sur les cotés énumèrent les noms des généreux donateurs, ces temples sont récents, tous plus kitsch les uns que les autres mais la présence des bonzes et des nonnes qui vivent eux dans des maisons en bois, leurs réfectoires et leurs cuisines, les bandes de petits drapeaux qui flottent au vent, la jolie vue sur les rizières font que le lieu est bien agréable… moins agréables sont les grottes et les charniers qui contiennent des ossements laissés derrière les Khmers rouges.

Nous continuons sur la crête de la colline, ça monte, ça descend, des escaliers, encore des escaliers vers une autre pagode qui brille de toute sa peinture or. Là nous passons un bon moment avec un gamin d’une douzaine d’années qui veut nous énumérer toutes les phrases qu’il connaît en français ! pour l’instant il apprend l’anglais avec un bonze, il est dégourdi comme tout, il a un sourire adorable - comme je lui souhaite un bel avenir !!
Nous redescendons par l’escalier et après cette belle balade nous restons manger dans un des petits restaurants sur place. Nous avons chacun une belle assiette de nouilles aux légumes surmontée d’une omelette, de l’ananas en dessert, quoi demander de plus ?
Un peu plus tard nous voici à Phnom Banan, entre deux lions de pierre qui gardent un immmmmense escalier dont on ne voit pas la fin !
358 marches sont annoncées d’emblée ! marches de pierre très irrégulières et plutôt hautes ! bon, courage, c’est parti… tranquillement jusqu’en haut ! yes ! et comme toujours la récompense est au bout ! là-haut c’est un ensemble de cinq tours assez abimées du XI iè siècle, des linteaux superbement sculptés surmontent les portes de grès, les sculptures des gardiennes des temples sont à peu près intactes, l’endroit est très apaisant et serein…

Nous rentrons vers Battambang en traversant à nouveau des villages, les femmes s’affairent à couper des bottes de riz, nous visitons une ancienne maison khmère, nous avons la surprise de découvrir de la vigne et un viticulteur qui propose des dégustations de vins… des français investissent déjà les lieux et nous ne nous incitent pas à les gouter !! Près d’une pagode des centaines de roussettes
(chauve-souris) font l’attraction du coin ; devant une maison dont la famille tisse des kramas, une fillette file des bobines de coton avec une roue de vélo, sur les bords de la rivière, dont le niveau a déjà bien baissé, les paysans se sont empressés de planter quelques cultures qu’ils arrosent méticuleusement dans le soleil couchant… les images sont belles, elles sont fixées dans l’appareil photo mais surtout dans notre mémoire avec les bruits, les odeurs, la chaleur, les regards, les sourires…

Nous mangeons à nouveau à l’hôtel et nous éteignons à 21 h 30 après une sacrée belle journée !
Vendredi 27 Novembre sur la rivière - village flottant
Ce matin départ à 7 h en bateau vers le lac Tonlé Sap en navigant d’abord sur la rivière Stung Sangker. (en début de post vous avez la carte pour nous suivre…)
Ici je me dois d’une petite digression géographique concernant l’eau au Cambodge… le Cambodge est un pays extrêmement plat en son centre et qui subit une longue saison des pluies, de plus ce lac d’eau douce
d’une superficie de 2 500 km2 est relié au Mékong par le Tonlé Bati ; il y a entre ces deux réservoirs d’eau un système de vases communicants qui fait que le trop plein du Mékong, lors de la fonte des neiges de l’Himalaya et des pluies, se déverse dans le lac –celui-ci passe alors à 13 000 km2- et en novembre, avec le retour de la saison sèche, le niveau du lac redescend, le cours de l’eau se renverse et le lac
revient à sa surface initiale. C’est d’ailleurs l’occasion de grandes fêtes à Phnom Penh avec courses de pirogues « la fête des Eaux ».
L’eau s’étant retirée, les paysans s’empressent de planter le riz (alors que dans d’autres régions on en est à la récolte !) et beaucoup de légumes (souvent deux récoltes)
Les villages en bord du fleuve et du lac sont donc soit sur pilotis, soit des villages flottants pour accompagner le niveau de l’eau. En cette fin novembre, l’eau a tout juste commencé à descendre et la surface du lac est encore imposante.
Le bateau n’est pas surchargé, en fait nous sommes une trentaine de touristes au milieu des cambodgiens qui se rendent à Siem Reap. Le départ se fait dans la brume du petit matin, les villages se réveillent mais les pêcheurs sont déjà en pleine activité…
Au début, je déplore toutes ces bouteilles en plastique qui flottent à la surface de l’eau jusqu’à ce que je me rende compte qu’elles servent justement de flotteurs aux filets ! La pêche fait vivre une grande partie de la population du Cambodge, sur les marchés nous avons vu des tonnes et des tonnes de crustacés, de poissons petits et grands, souvent vendus vivants… c’est avec le riz une des plus grandes ressources du pays.
Les images sont belles, d’autant plus que le soleil s’est mis de la partie… Les maisons colorées qui se reflètent dans l’eau, les barques plates où les pêcheurs tiennent en équilibre, les filets que l’on jette ou que
l’on remonte plein de friture brillant dans la lumière, le passage du bateau sur les routes encore inondées, à hauteur des branches d’arbres pour couper les méandres de la rivière, les carrelets qui montent et descendent régulièrement à contre-jour, les bateaux que l’on croise régulièrement et que l’on pourrait toucher et surtout les sourires, les « hello », les coucous des enfants… cette journée a été un de mes plus beaux moments du voyage…
Un arrêt-pipi épique dans une épicerie-bar flottante (deux planches sur l’eau, s’agit de bien poser les pieds ! des tôles à mi-hauteur et les petits poissons qui attendent l’offrande !) à côté des toilettes un radeau qui sert de potager et une cage pour élever un cochon…
Nous continuons le trajet, les pagodes et les écoles sont sur pilotis, ici c’est une région de musulmans et nous voyons les premières mosquées. Toujours plein de pêcheurs partout et le pilote du bateau doit souvent slalomer pour éviter les filets…
Channara nous demande de préparer nos bagages, nous descendons au prochain arrêt à Kaoh Chireang.
Nos compagnons de voyage nous envient de rester passer la nuit dans la maison flottante toute bleue où on vient de nous déposer ! Nous voici tous les 4 sur la terrasse au bord du fleuve à regarder le bateau
continuer sa route…
La table est mise sur le côté, un grand lit dans la pièce principale, un cabinet de toilette avec WC et jarre d’eau à l’arrière, parés pour rester ici jusqu’à la fin des vacances !
Le repas est bien agréable, poisson grillé tout frais, légumes frits dont des racines de jacinthes d’eau qui poussent ici à profusion.
Il fait chaud, nous nous sommes levés tôt et nous apprécions une bonne sieste comme tous les habitants des lieux… Je vais quand même assez rapidement avec mon appareil photo à la recherche de quelques clichés mais l’espace de promenade est assez limité !
A l’arrière de la maison une dame est déjà occupée à éplucher et tailler les légumes pour ce soir, elle vient de finir la vaisselle directement dans l’eau du fleuve qui sert maintenant à laver les légumes… ce soir nous verrons la famille y faire sa toilette et nous-mêmes nous y cracherons notre eau (en bouteille) de brossage des dents, de toutes façons, les crocodiles y trempent déjà… alors !
Je passe un petit moment avec elle, la communication passe avec des gestes et des sourires…
Un peu plus tard un petit bateau vient nous chercher et nous partons pour une balade dans les rues du village…Il y a ici certainement près de 1000 habitants, tous sur des maisons flottantes, la spécialité c’est
l’élevage des crocodiles et presque tous, y compris là où nous logeons, ont d’immenses cages dans l’eau avec des centaines de ces bestioles ! Sinon, comme partout nous passons devant l’épicerie, le tailleur, la station-service, le pressing… et nous croisons plein de marchandes ambulantes sur leurs pirogues qui vendent en porte à porte de l’épicerie, des légumes, voire des plats tout faits… nous profitons pleinement de cette promenade sur l’eau, nous ne savons plus où regarder tellement chaque image est pleine de vie, de couleur, de beauté… ici c’est le coucou des enfants, là c’est une marchande qui nous aborde, là encore deux pitchouns traversent seuls le fleuve, ici les enfants rentrent de l’école, là encore le linge en ribambelle sur un fil… tout nous émerveille !
Nous abordons un centre d’artisanat où les femmes tressent les tiges de jacinthes d’eau séchées, elles en font des nattes, des dessous de plats, de jolies boites… Nous y faisons nos premiers petits achats. Un responsable local est justement en train de motiver un groupe pour s’impliquer dans le tourisme… ce village a tous les atouts pour attirer quelques voyageurs et d’ici peu de temps il y aura certainement d’autres maisons d’hôtes dans le coin ! sa formation porte sur la propreté des lieux, sur l’accueil, sur la nourriture… ce peut être une façon de résoudre certains problèmes d’hygiène pour les habitants eux-mêmes mais en même temps il ne faudrait pas que ce village se dénature !
Samedi 28 Novembre village flottant - Siem Reap
Quelle nuit ! comme d’habitude, quand nous sommes dans un village, nous avons eu droit à tous les bruits : les coqs, les chiens… pas d’ânes comme en Afrique mais les margouillats qui sifflent sur les cloisons en bois, les crocodiles qui se battent et agitent la maison, les chats qui profitent de l’absence de portes et de fenêtres pour rôder autour de nous… heureusement, nous sommes bien à l’abri sous les moustiquaires et ça rassure les courageuses que nous sommes !!
Sommeil entrecoupé, du coup aucun problème pour se lever aux aurores avec la famille, dès 5 h les femmes sont en cuisine (c’est qu’elles n’ont rien de moderne ni pour faire chauffer l’eau ni pour cuire le repas – une grande partie de la journée est consacrée à la préparation des plats-) puis les hommes partent à la pêche et les enfants se préparent pour l’école. Les filles, comme partout, sont coquettes et agrémentent leur coiffure avec moult pinces, chouchous et bandeaux, les garçons ajustent leurs uniformes qui leur donnent l’air de petits communiants et dès qu’ils sont prêts ils attendent les copains qui passent les prendre en barque ! ils sont ainsi quatre ou cinq à partir vers l’école sans un adulte pour les encadrer !
D’ailleurs nous ferions bien nous aussi de nous occuper de nos affaires mais il y a tant à regarder !
Petit déjeuner au lever du soleil, c’est chouette aussi…
A 7 h nous sommes tous les 4 sur un bateau qui nous emmène vers Siem Reap, nous allons vers l’embouchure de la rivière, près de nous la mangrove, quelques oiseaux ci et là, puis nous traversons les plaines encore inondées au milieu de la cime des arbres, ensuite le lac et nous arrivons à l’embarcadère de Chong Knies. Un minibus nous attend, nous faisons la connaissance de Taèm qui sera notre chauffeur jusqu’au départ.
Nous nous arrêtons au milieu des rizières, dans certaines parcelles les paysans labourent, dans d’autres ils plantent et ailleurs c’est la récolte !
A l’entrée de la ville nous visitons un endroit incontournable pour les touristes « Les Artisans d’Angkor » une association qui forme des jeunes aux métiers divers de l’artisanat :
peinture sur soie, laque, travail de l’argent, sculpture sur bois ou sur pierre, tressage, couture… ces jeunes reçoivent un salaire décent, sont nourris et logés ; ils sont nombreux parait-il à vouloir intégrer ce centre
professionnel. La visite est bien organisée, en français pour nous ; elle se termine par un passage dans les boutiques de vente. Il y a là de très jolies choses, de bonne qualité… nous venons d’arriver, nous n’avons pas encore envie de nous lancer dans de gros achats… et je le regrette car c’est là que nous avons vu les plus jolies choses ! (il y a un stand à l’aéroport de Phnom Penh au départ mais moins fourni)
Nous passons ensuite un bon moment avec Laurent le responsable de « Terre Cambodge » ; j’avais eu beaucoup d’échanges Internet pour organiser le séjour… heureux de se connaître. Je lui fais part de mon souci de ne pas passer assez de temps à l’école, du coup changement, nous n’irons pas à Koh Dach, un détour trop long, nous privilégions l’école (pour rien finalement puisque Théa, le directeur, a changé le
rendez-vous au dernier moment ! on ne pouvait pas savoir !)
Avant de nous rendre à l’hôtel nous passons par une très ancienne pagode de Siem Reap, le Vat Bô. Elle est effectivement très belle, déjà de l’extérieur, avec beaucoup d’éléments en bois ; un petit vieux nous ouvre les portes et à l’intérieur nous admirons les plus jolies peintures que nous avons vues dans une pagode, en particulier de beaux détails de « l’armée des singes ».
Très bon repas avec des plats dont la présentation est particulièrement raffinée et nous nous installons aux « Mystères d’Angkor » très joli petit hôtel plein de charme, jardin luxuriant, piscine, jolies chambres…
le tour du coeur est en lamelles de concombre
Après-midi libre…
Nous terminons tranquillement la journée en allant jusqu’au vieux marché le long de la rivière, passage à la Poste pour les premières cartes et les timbres. Le vieux marché est couvert, il y fait chaud, étouffant, rapidement Pierre nous attend dehors ! je ne m’y attarde pas non plus, c’est la réplique asiatique des souks de Marrakech ou d’Istanbul, beaucoup de choses « made in China » mais c’est typique, l’ambiance y est
sympathique, pas trop de pression commerçante, avec le sourire, pas de problème !! Nous nous promenons dans les rues aux alentours. Beaucoup de cafés pour européens, quelques boutiques sympas, sur le trottoir deux australiens, assis au bord d’un bassin, se font « masser » les pieds par des petits poissons… manifestement ça chatouille !
Retour par le même chemin, balade très agréable, les chauffeurs de tuk-tuk ne comprennent pas qu’on préfère marcher !
Nous cherchons une « Laundry » il est temps de penser lessive… nous trouvons cela chez une petite coiffeuse adorable !
Une nouvelle fois nous ne trainons pas pour nous coucher ! Les journées sont longues et bien remplies ! Ce n’est pas au Cambodge que nous jouerons aux oiseaux de nuit !
Dimanche 29 Novembre Siem Reap - Roluos
Nous sommes tout près des temples d’Angkor mais si nous voulons suivre un ordre chronologique dans la construction de ces temples et en comprendre l’évolution il faudra attendre encore quelques jours pour aller sur le site.
Ce matin, dès 8 h nous sommes devant les guichets pour obtenir le sésame qui va, pendant 6 jours, nous ouvrir les portes d’une des merveilles du monde ! un petit sourire devant l’objectif et 5 minutes après nous avons notre photo sur le pass, pas question de le perdre ni de l’oublier, dans les jours qui viennent nous le sortirons plus d’une fois !
Départ vers Roluos par la RN 6 au Sud de Siem Reap mais très rapidement nous nous perdons (volontairement) dans la campagne environnante... 2 heures de marche sur une piste, tantôt au milieu des rizières, tantôt au milieu des villages…. Heureusement peu de circulation sinon des vélos et quelques mobylettes accompagnées à chaque fois d’un nuage de poussière rouge.
Ce sont des villages de paysans et dans presque chaque cour de maison on s’affaire soit au décorticage du riz, soit à la fabrication d’un alcool de riz (genre de saké), soit une moissonneuse-batteuse fait son tri, la même que chez mes grands-parents il y a 50 ans ! à chaque fois on nous accueille avec de grands sourires, on nous propose de boire, de gouter…
Nous sommes curieux de tout : l’architecture des maisons, très hautes pour permettre une bonne ventilation du bas, à l’ombre où sont installés les hamacs, les cultures dans les jardins, les arbres, ici un jacquier, ici des noix d’arec, là un frangipanier, un champ de papayes, partout des bananiers, devant nous un troupeau de buffles, plus loin une dame qui pose devant sa maison, une petite mare couverte de nénuphars encore ouverts avant que le soleil ne tape trop fort…
Et c’est ainsi que nous arrivons au temple de Preah Kô (le sanctuaire du bœuf sacré) édifié à la fin du IX ièm siècle, six tours alignées en deux rangées et comportant des ornements en stucs bien conservés.
Nous cherchons les pierres à l’ombre qui nous permettent de nous asseoir pendant que Channara fait son cours magistral !
En sortant nous passons par un atelier de découpage du cuir, très rapidement.
Puis nous nous dirigeons vers le Bakong, c’est le premier temple montagne en grès gris que nous voyons, il est imposant avec ses cinq terrasses superposées, à chaque angle des sculptures d’éléphants en plus ou moins bon état. Nous le gravissons, nous en faisons le tour, des lions gardent fièrement l’accès aux escaliers de pierre. Quelques stupas (tombes) tiennent encore debout et donnent de la couleur à l’ensemble.
Le Lolei est le plus petit des temples du groupe de Roluos, 4 tours vite visitées….
Nous mangeons un plat de nouilles frites dans une gargote en bord de route et il fait sacrément chaud quand nous repartons. Nous sommes toujours sur une jolie piste rouge dans la campagne et nous prenons plaisir à
marcher surtout quand il y a de l’ombre.
A nouveau nous faisons plein de rencontres : une dame vient de remonter de sa mare quelques centaines de grammes de minuscules poissons qu’elle va rajouter à sa soupe, quelques bonzes nous croisent à l’abri de leur parapluie, un groupe de femmes, les lèvres et les dents noires de mâchouiller du bétel nous interpelle, elles nous montrent la fabrication de leur « drogue », une feuille de bétel + une pâte à base de chaux + de la noix d’arec pilée … elles rient beaucoup devant notre refus d’y gouter et tiennent à se faire prendre en photo, un peu plus loin un marchand de cochons qui veut nous doubler nous oblige presque à descendre dans les rizières, il lui reste 3 cochonnets sur les vingt qu’il a essayé de vendre dans les villages tout au long de la journée…scènes de la vie quotidienne…
Nous remontons dans le minibus pour arriver au temple Chau Strei Vibol. Il est en haut d’une colline et c’est à nouveau l’occasion de marcher un peu. C’est un très joli endroit, au milieu d’une forêt, ce temple est en partie envahi par les arbres. Nous y voyons pour la première fois des déambulatoires effondrés ce qui nous vaut un « cours » d’architecture sur les encorbellements et les clés de voute ! ça fait du bien quelques rappels scolaires et se cultiver sous les frangipaniers ce n’est pas le plus désagréable !
Nous reprenons le bus après avoir fait le tour du mur d’enceinte.
Nous traversons un village dont la spécialité est la fabrication des fameux kralans, on en vend partout !
Il est à peu près 5 h quand nous arrivons chez Mr Pô au village de Dam Daek, nous dormons chez lui ce soir. Sa maison est magnifique, tout en bois, une belle terrasse dont les cloisons sont décorées de toutes ses
photos de famille (dont il est très fier !), une grande salle où nous dormirons, quelques alcôves où se répartit la famille, la cuisine à l’arrière où Mme s’active et un cabinet de toilette (réserve d’eau, casserole, WC) C’est une famille très sympathique, très accueillante, le fils, la belle-fille et les petits-enfants vivent avec eux. Un enfant reste toujours dans la maison paternelle pour s’occuper des parents. Mr Pô est ravi d’avoir beaucoup de filles car dit-il « quand je suis malade elles me font de bons massages » ! Ce qu’il ne dit pas c’est qu’au Cambodge on préfère avoir des filles car elles coûtent moins cher et elles rapportent une dot. C’est le mari qui paye toute la noce. Mr Pô a connu l’époque de Pol Pot mais, hormis la famine dont il a souffert, il a pu rester dans son village, en famille, car étant un paysan il n’a pas fait partie des gens déplacés.
Nous passons un très agréable moment en leur compagnie, grâce aussi à Channara qui fait le traducteur, cela nous permet de communiquer !
Après un très bon repas, très copieux, et avant de nous coucher nous prenons une douche « au bol » car c’est indispensable d’enlever la poussière et la sueur de la journée !
Ce soir nous dormirons bien car la police veille !!!
Hé oui, incidemment nous demandons au chauffeur où il dort, il nous répond « en bas avec la police ! » quoi la police ? qu’est-ce-qu’elle vient faire dans l’histoire ?
Hé bien tout simplement, le gouverneur de Siem Reap (équivalent de notre préfet de région) n’a donné l’autorisation à Terre Cambodge de faire dormir les touristes en dehors des hôtels qu’à condition que des mesures de sécurité soient prises pour nous protéger d’une éventuelle incursion des thaïlandais au Cambodge –nous sommes à 40 kms à peu près de la frontière mais effectivement il y a régulièrement des échauffourées entre les deux pays- donc, dès que nous sommes chez l’habitant et plus tard dans une pagode, trois policiers viennent installer leur hamac à proximité ! manquait plus que ça !!!!
En plus ce n’est qu’une histoire de gros sous ( corruption) car ils ont un gros bakchich !
Fou-rire en nous couchant en imaginant un enlèvement ! on a déjà donné !!!
Lundi 30 Novembre Phnom Kulen et pagode
Bonne nuit, nous nous levons avec la famille vers 5 h30
Petit déjeuner, rangement et nous voilà prêts dès 7 h
Devant la maison qui jouxte une école la belle-fille a installé une boutique de bonbons et avant de partir, nous voyons les écoliers qui viennent y dépenser 4 sous. Petite photo-souvenir avec nos hôtes qui ont été charmants !
Nous nous dirigeons vers le temple de Beng Mealea au nord de Dam Daek. Il y a peu de circulation sur ces pistes éloignées des routes principales. Parfois quelques centaines de mètres sont goudronnées puis très vite on retrouve cette terre rouge. Peu de voiture plutôt des mobylettes , dont nous observons avec étonnement le lourd chargement, encombrent la chaussée ! Ici ce sont des noix de cocos ou des bananes, là des poulets ou des cochons, ensuite des meubles ou des matelas et fréquemment nous voyons une famille de 4 voire 5 personnes chevaucher une pétoire ! C’est vraiment un spectacle de tous les moments que de croiser ou de dépasser toutes sortes de chargements en équilibre instable !
A l’heure des écoliers ce sont aussi des dizaines de vélos qui roulent sur les bas-côtés, les plus jeunes avec souvent un vélo trois fois trop grand et un copain, ou deux, sur la selle, les plus grands, surtout les filles, avec une allure très digne, bien droite, l’uniforme impeccable, un joli chapeau sur la tête les protégeant du soleil, les cheveux noués en queue de cheval, sont plus prudents.
C’est l’heure aussi où les bonzes passent de maison en maison quêter leur repas de la journée et nous les avons vus souvent attendre l’obole sur le bord du chemin, belle image !
Les villages sont installés le long de tous ces axes de circulation et cela génère une grande activité.
Le temple Beng Mealea est perdu dans la jungle, il date du XII ièm siècle, après le groupe de Roluos. La forêt autour n’a pas été dégagée, le temple est envahi par les ficus étrangleurs, beaucoup de déambulatoires sont effondrés mais subsistent encore de belles balustrades aux fausses fenêtres.
Dans le site, le circuit est largement facilité depuis le passage de J.J Annaud qui a fait construire une passerelle en bois pour le tournage du film « Deux frères ». Il n’est plus nécessaire de franchir de gros blocs
de pierres et ce n’est que pour le plaisir qu’il est possible de se perdre dans les décombres et la végétation. Nous avons beaucoup aimé cet endroit serein, calme et en même temps plein de présences…
Nous voici au pied de la montagne sacrée de Phnom Kulen « la montagne aux litchis » dommage, ce n’est pas la saison ! Ce soir nous allons dormir là-haut dans une pagode, en attendant il faut monter les 350 m de dénivelée sous forme d’escaliers et sous 33°… nous empruntons le chemin des pèlerins, nous atteindrons notre Nirvana !
En y allant doucement, ça doit le faire ! à mi-pente une pagode avec une source où l’on vient de loin récupérer l’eau sacrée (tiens ça me rappelle quelque chose !), nous nous reposons un peu, puis les escaliers sont plus raides mais à l’ombre et au bout d’une heure et demie nous sommes sur un chemin de crête dans la forêt, encore une petite heure de marche pendant laquelle Channara nous fait découvrir toutes les espèces d'arbres sur le passage : gommier, fromager, rotin....
Nous traversons une première rivière aux lingas, en fait il y a deux sites. Ici, les lingas (symbole phallique) ne sont sculptés que dans le fond de la rivière, il y en a sur des centaines de m2, la trentaine de cm d’eau limpide permet de bien les voir. Des enfants s’amusent dans le courant.
Plus loin deux belles cascades avec une aire de pique-nique… beaucoup de cambodgiens sont là en ce dimanche, facile d’y accéder, il y a une belle route ! Ils sont en famille, c’est à la fois un lieu de détente mais aussi de baignade car la rivière est sacrée. Quelques petits restaurants de l’autre coté d’une passerelle suspendue, des boutiques qui vendent des brochettes, des bananes grillées, du kralan… nous mangeons ici et une bonne sieste sur des nattes au bord de l’eau est la bienvenue !
Channara, qui accompagne souvent des groupes, nous fait un beau compliment en nous disant que c’est la première fois que des gens de notre âge (!) viennent à pied jusqu’ici !
Nous marchons encore un peu pour atteindre un temple (encore des escaliers !) avec un immense Bouddha couché. Des familles sont là en pèlerinage, l’une d’entre elles veut absolument que nous posions sur leurs photos souvenirs, nous devons le mériter car nous y sommes montés !
Le minibus nous a rejoints et nous nous dirigeons vers le Vat Preah Kral où nous devons dormir. Channara un peu ennuyé nous annonce qu’il y a là-bas un rassemblement pour la fête de la pleine lune, ce n’était pas prévu, il y a beaucoup de monde, est-ce-que nous acceptons quand même d’y dormir, normalement nous devons poser les matelas dans le réfectoire des bonzes…
Ben, allons-y, tentons l’expérience, on verra bien !
Il y a en effet un monde fou ! des tentes un peu partout, de la musique à fond, le son strident des criquets… ce devait être une nuit au calme ! ça nous fait plutôt rire… un peu moins quand nous arrivons
au réfectoire… une cinquantaine de nonnes, d’hommes et de femmes, au milieu de montagnes de feuilles de palmier et de noix de cocos fabriquent des offrandes pour la grande cérémonie du lendemain… on se met où ???
En moins de deux les matelas et les moustiquaires sont installés sur une estrade à côté d’un autel à Bouddha (Pierre aura une vingtaine d’yeux qui vont l’observer toute la nuit !) au milieu de l’encens, des bougies… nous sommes à la fois gênés de notre intrusion et du manque d’intimité !
Pourtant ils nous ont tous accueillis avec plein de sourires et de gestes amicaux, nous nous mélangeons à eux pour essayer de transformer avec autant de dextérité en jolis bouquets les lamelles de feuilles… bien sûr notre maladresse les fait bien rire ! les offrandes sont surprenantes : des cigarettes (des fois que dans l’au-delà les ancêtres veuillent fumer) des noix d’arec, des fleurs, de l’encens, le tout en magnifiques compositions.
Nous montons au-dessus du temple, au milieu de bouddhas et de stupas tous plus dorés ou peinturlurés les uns que les autres pour essayer de voir le coucher de soleil sur le Tonlé Sap à l’horizon… malheureusement ce soir il y a de la brume, le spectacle est beau quand même dans cette ambiance surréaliste !

Des gens viennent nous parler en anglais, en fait ce rassemblement c’est pour célébrer les ancêtres de la famille des donateurs qui a construit ce lieu. Ils ont immigrés en Californie, ils font des dons importants et reviennent ici chaque année.
Il fait juste nuit quand nous pique-niquons rapidement, nos policiers sont là !!! oui, oui !!! ils ont installés leur hamac entre les arbres devant le réfectoire !
Nous voyons tous les gens se diriger vers la pagode, c’est l’heure des prières. Nous restons un moment écouter ces mélopées, les bonzes devant, les nonnes et les civils à l’arrière, les chiens couchés un peu partout. « Nos » américains nous proposent d’y participer au milieu du groupe. Yolande et moi les rejoignons.
Ce ne sont pas les mêmes prières mais ne serait-ce pas le même Dieu ?
Difficile pour nous de rester longtemps assises en tailleur, après un quart d’heure nous nous échappons… les prières dureront encore longtemps !
Dans un coin du site une série de wc et de douches (au bol) communes. Les cambodgiennes se lavent avec leur sarong, bien pratique dans ces circonstances ! Nous arrivons malgré tout à nous rafraichir, après une journée de marche ça fait du bien !
Il n’est même pas huit heures quand nous sommes allongés sous la moustiquaire ! jamais aussi tôt ! un grand néon au-dessus de nous, les générateurs juste à l’arrière, la prière est terminée, les gens sont revenus dans la salle et terminent les offrandes…
Et c’est dans le brouhaha des discussions, dans le cri strident des criquets, dans le ronronnement des générateurs, dans l’odeur de l’encens, à la lumière des néons et des bougies que nous nous endormons malgré tout !
Il est près de minuit quand tout se calme et le silence nous réveille, plein de gens sont installés sur des nattes autour de nous et entament leur nuit…
Nous vivons un moment unique, exceptionnel…
Bouddha veille sur nous !
Mardi l ier Décembre Siem Reap
La première nonne est venue ce matin dès 4 h et demie faire des offrandes d’encens pratiquement au pied de nos moustiquaires… à 5 h tout le monde est debout, il ne nous reste plus qu’à faire pareil !
Tout est vite bouclé, petit déjeuner rapidement pris et il est tout juste 7 h quand nous partons à pied vers une clairière, le site de Sra Damrei daté au XI ièm siècle. C’est un endroit magique ! après pas loin de deux heures de marche, d’abord sur un plateau schisteux puis sur d’agréables sentiers dans la forêt, nous débouchons face à un énorme éléphant, grandeur nature, sculpté dans la roche. A côté de lui deux lions et une grenouille et un peu plus bas un bœuf bien abimé lui. C’est vraiment impressionnant, inattendu ! Quelques religieux entretiennent cet ancien site qui ne doit pas avoir beaucoup de visiteurs.
Nous rentrons à travers une autre clairière dont les parois abruptes sont couvertes de lianes et de racines vertigineuses.
Quant nous arrivons à la pagode, la cérémonie a commencé. Tous les gens sont assis devant un autel couvert d’offrandes. Un religieux psalmodie des prières dans un haut parleur, des musiciens nous font entendre des instruments que nous ne connaissons pas, la musique est cristalline, entrecoupée du tambour retentissant, les femmes sont en blanc, certaines avec le krama en travers du corps, d’autres plus coquettes et parées de bijoux. Les bonzes ne sont pas présents, c’est essentiellement la famille qui rend hommage à ses morts.
Nous restons un moment à regarder la scène mais il nous faut partir de cet endroit que nous ne sommes pas prêts d’oublier !
Passage par la cascade d’hier pour y prendre le repas –nous goutons des bananes au riz gluant cuites dans des feuilles de bananiers, c’est bon !- et descente de la montagne vers Siem Reap en minibus.
Assez vite nous nous arrêtons au site de Kbal Spean – la rivière aux 1000 lingas- la plus connue des deux. Ici c’est bien touristique, le chemin est bien tracé, bien entretenu, il monte en pente légère mais encore 2 h de marche aller/retour… j’en ai plein les pattes !!! Pas trop de monde cependant… Il fait toujours aussi chaud et nous buvons des litres et des litres d’eau.
La balade est agréable, nombreuses pierres sculptées le long du lit des la rivière et dans le fond du cours d’eau toujours ces fameux lingas, des lianes surprenantes, de drôles de rochers…
Dernier arrêt à l’adorable petit temple de Bantey Srei commencé au X ièm siècle. C’est comme une miniature, tout en grès rose, posé au milieu de ses douves, tout de guingois, d’une finesse extrême…. Chaque sculpture est une découverte, chaque encadrement de porte ouvre une nouvelle perspective, c’est un véritable bonheur d’être dans cet endroit….. mais nous ne sommes pas seuls ! Et puis nous avons vu et fait tellement de choses ces derniers jours que je suis un peu assommée, je mélange tout, je suis fatiguée aussi certainement ! J’ai l’impression de ne pas avoir assez apprécié le moment…
Nous faisons tranquillement, au calme, le tour du fossé d’enceinte pour prendre quelques photos au soleil couchant. J’essaye de savourer ces instants, je sais que je n’y reviendrais jamais et je voudrais tout imprimer, les couleurs, les odeurs, l’atmosphère… C'est tellement beau !
Nous retrouvons notre chouette hôtel, un bon restaurant, un petit tour dans un cyber-café, à côté se prépare une soirée de mariage, nous admirons l’élégance des cambodgiennes, elles sont adorables dans des
robes-bustiers de couleur vive brodées de mille paillettes !
Nous rentrons à pied un peu dans le noir, un peu dans les trous et les flaques !
Hop ! Au lit !
Mercredi 2 décembre Visite d'Angkor
Une
bonne nuit, un bon petit déjeuner et une bonne leçon de français plus
tard (à un petit serveur de l’hôtel qui prend des cours à l’Alliance
Française), Angkor nous voilà !
En réalité nous visitons déjà
depuis trois jours l'immense site d’Angkor, nous avons vu des temples
importants mais plus éloignés du site central.
Nous
avons eu une approche chronologique et cela nous a permis de voir
l’évolution architecturale des monuments : construits en brique, puis en
grès, sous forme de tours au début puis s’élevant en temple-montagne,
chaque temple est très différent. Il n’y a aucune lassitude dans les
visites car chacun est une surprise !
Il est 7 h quand
nous partons en tuk-tuk. J’ai trouvé que c’était un très bon moyen de
transport, d’abord parce-que chaque trajet nous permet de prendre l’air,
c’est de la promenade… et ensuite parce-que le site
est immense,
que c’est bien agréable d’être déposé à une porte, de traverser le
temple, de grimper, de marcher dans l’enceinte et d’être récupéré de
l’autre côté !!!
Vu de France, avant de partir,
j’imaginais même faire la visite à pied !!! alors comptez un mois de
rando !!! en vélo ce doit être bien aussi mais il y a beaucoup de kms à
faire et il vous faut le récupérer au départ… Bref ! le tuk-tuk c’est
génial !
Channara est guide officiel et nous avons donc profité de toutes les explications en français… indispensable !
Dans
le centre d’Angkor il y a deux grands temples principaux, tous deux
entourés d’enceintes comprenant plusieurs édifices, ce sont Angkor Vat
celui que l’on voit sur toutes les photos avec ses cinq tours dans le
coucher du soleil et Angkor Thom avec le Bayon, celui aux 216 visages
sculptés dans la pierre. Un autre
temple attire aussi les foules
c’est le Ta Prohm, le temple emprisonné dans les racines. Ensuite, il
suffit de se perdre un peu dans les allées, de faire quelques kms sous
les arbres pour découvrir de multiples petits temples ou des portes
d’enceintes et d’être surpris et heureux.
Ce matin sera
consacré à la visite de Angkor Thom et nous arrivons au Bayon qui de
loin ressemble à un tas de cailloux… il faut s’approcher, grimper sur
les différentes terrasses pour se trouver soudain entouré de multiples
visages, tous différents, tous plus énigmatiques les uns que les autres,
un seul esquisse un sourire…
Les entrées de ce temple
sont monumentales, d’immenses ponts chevauchant les douves, chaque pont
entouré à gauche par les statues des dieux et à droite par les démons,
tirant sur une corde-Naga, représentation toujours du fameux « barattage
de la mer de lait » Une troupe d’éléphants attend patiemment que
quelques touristes franchissent la porte juchés sur leur palanquin.
Au
premier niveau, sur plus d’1 km, des bas-reliefs nous retracent la vie
quotidienne et les grandes batailles sous Jayavarman VII le roi
bâtisseur… c’est un vrai plaisir de détailler ici une séance
d’épouillage, ici une bataille de coqs, plus loin un accouchement, là un
crocodile qui emporte un corps… on y passerait des heures et nous y
avons passé du temps !!!
Puis
nous grimpons vers les niveaux supérieurs pour admirer les
représentations de ce roi mégalomane, qui a fait sculpter 216 fois son
visage sur les tours du temple, chacune tournées vers les 4 points
cardinaux.
Bien sur il y a du monde mais il est
toujours possible de s’échapper du « circuit » classique et de trouver
des coins tranquilles, Channara nous guide et bien !
Nous
continuons la visite de cet immense site en passant par le Baphuon
–temple pyramidal- en pleine rénovation grâce à des fonds français, par
le Palais Royal dont on ne fait que deviner l’existence pour arriver sur
la majestueuse terrasse des Eléphants : longue de 350 m elle servait de
tribune géante pour les cérémonies et les parades, elle compte cinq
avancées toutes magnifiquement décorées et le sous-bassement est
entièrement sculpté d’une longue file d’éléphants… Nous la parcourons de
long en large malgré le soleil écrasant et la chaleur étouffante, c’est
trop beau ! à l’extrémité nord on rejoint la terrasse du Roi Lépreux
avec plusieurs murs de soutènements qui portent des sculptures élaborées
: apsaras, démons, chevaux à 5 têtes, éléphants tricéphales….
Nos
tuks-tuks nous attendent à l’ombre et un parcours dans la forêt
environnante nous rafraichit bien, ils nous conduisent vers les portes
d’enceinte Est, elles aussi surmontées de visages impressionnants.
Moment de calme et de tranquillité…
C’est déjà la fin de la matinée quand nous entrons dans le Ta Prohm, comme je l’attendais cette visite… et comme je suis déçue !
j’avais
certainement lu trop de guides et regardé trop de photos, du coup,
obligée de suivre un circuit imposé avec estrade pour poser devant les
plus beaux spécimens de fromagers enserrant les murs, presque à la queue
leu-leu au milieu des pierres, je n’arrive à trouver aucun charme à ce
temple.
C’est vrai que nous avons déjà vu de beaux
temples perdus dans la jungle, sans personne, et qu’ici tous les
visiteurs s’agglutinent… et nous en sommes, mais…
Un peu plus de calme au bout d’un moment car c’est l’heure de midi mais je n’accroche décidément pas !
La
matinée a été longue… nous mangeons au restaurant « Family Khmer » face
au Baray oriental, les jus de fruits comme la cuisine y sont
excellents.
L’après-midi nous visitons le Preah Kahn
–temple de l’épée sacrée-, dédales de longs couloirs, belles
perspectives de portes, surprise d’y découvrir une structure de style
grec..
Nous ne rentrons pas tard à l’hôtel, un peu de
repos, quelques achats dans les jolies boutiques « aux senteurs d’Angkor
» et rendez-vous pour presque deux heures de massage au « Frangipani
Salon » c’est super agréable et même les réticents ont apprécié…
C’est
bien vannée que je me couche avec dans la tête une palette d’images et
de drôles de sentiments mêlées… l’impression de ne pas avoir assez
profité de cette journée…
Jeudi 3 décembre
Il est 8 h ce matin quand nous partons vers Angkor Vat, le plus majestueux des temples d’Angkor.
Arrêt dans un petit marché à la recherche de nos citrons verts !
C’est magique d’être ici ! Quelle chance !
Le soleil est déjà bien levé derrière les tours qui se reflètent dans les bassins couverts de nénuphars, jolie image…
Quoi
dire sur Angkor Vat ? c’est immense, c’est plein de surprises : des kms
de bas-reliefs qui retracent des guerres, des batailles… au détour des
couloirs une statue de Bouddha ou de Vishnou et les gens qui prient…des
escaliers en pierre… les murs couverts d’apsaras, chacune différente et
même une qui montre
ses dents… des terrasses en hauteurs pour
monter directement à dos d’éléphants…encore des escaliers… des frontons
sculptés… des allées bordées de balustrades… une symétrie parfaite… des
tours surmontées de boutons de lotus en grès…le bas-relief le plus
célèbre « le barattage de la mer de lait » en réfection, malheureusement
caché derrière des palissades….des escaliers… et tout le bonheur d’être
là….
Nous
y passons presque 5 heures sans voir le temps passer… à 13 h, petit
restaurant juste en face de l’entrée pour profiter encore de l’image…
Nous
nous éloignons à nouveau des grands temples pour aller vers le Banteay
Samre à quelques kms de là. C’est un joli temple, bien restauré, en
latérite rose et en grès que nous arpentons avec beaucoup de plaisir.
Les grands bassins intérieurs, vides, nous montrent encore une face
architecturale différente.

Nous
quittons ce temple à pied en nous promenant sur la digue construite le
long d’une immense réserve d’eau, aujourd’hui en partie asséchée. De
nombreux villages de paysans y sont installés et c’est la pleine
activité dans la récolte du riz, une jeune femme foule la paille avec
les pieds pour en extraire les grains de riz et quand elle nous propose
de l’aider, s’amuse beaucoup de voir notre manque de technique !!!
La
proximité des sites touristiques et d’une grande ville fait que plein
de petits métiers se sont développés. Tour à tour nous voyons la
fabrication des nouilles, plusieurs méthodes d’ailleurs, et leur vente
aux petites marchandes que nous apercevrons à Siem Reap plus tard.
Ensuite c’est la technique de moulage pour le sucre de palme, les
boutiques de vanneries liées à la pêche, la fabrication des petits étuis
en lamelles de bananiers pour les souvenirs… nous rejoignons la route
d’ Angkor et de nombreux enfants nous suivent pour nous vendre toutes
sortes de babioles.
C’est
vraiment un des seuls endroits où nous aurons l’impression d’être un
peu harcelés… mais si gentiment ! par contre, faites plaisir à l’un et
dix de plus arrivent !
Il y a de nombreuses petites
vendeuses autour des temples mais elles n’ont pas le droit de dépasser
un certain périmètre et c’est entre deux visites qu’elles viendront avec
insistance vous proposer leur marchandise… nous sommes ainsi reparties
avec quelques foulards, quelques magnets, quelques jouets surtout pour
leur faire plaisir ! mais nous avons été bien contents de les trouver
pour nous vendre de l’eau !!!
Cette longue balade à
pied, dans la nature, en retrouvant les paysages de campagne, les
buffles pataugeant dans les rizières, nous a fait du bien !
Sur
le chemin du retour nous nous arrêtons au Pré Rup (grand escalier à
gravir) au Takéo (temple inachevé) et Yolande et moi nous quittons nos
hommes, pas question de rentrer de suite à l’hôtel… j’ai une visite à
refaire… dans le soir, dans le calme… nous retournons au Ta Prohm… la
lumière est belle, les visiteurs sont partis, le tour est un peu vite
fait mais il me réconcilie avec ce joli temple !
Ce
soir nous ferons quelques brasses dans la piscine, à nouveau un bon
repas, nos adieux à Chanarra, un tour sur Internet, une balade à pied le
long de la rivière et voilà encore une journée bien remplie !
Vendredi 4 décembre -Sambor Prei Kuk
Journée
de voiture, nous prenons la direction de Kampong Cham ; nous avons
retrouvé notre chauffeur et son minibus (nous voyageons vraiment à
l’aise !) mais c’est Sokha maintenant qui nous accompagne.
Nous
ferons plusieurs haltes sur l’ancienne voie qui mène au site de Sambor
Prei Kuk et qui longe la RN6 que nous empruntons, c’est l’occasion en
particulier d’admirer un magnifique pont pré-ankorien du IX ièm s.
–Speam Prap Tos- dont les balustrades se terminant par les fameux nagas à
7 têtes sont intactes.
Ensuite,
visite du site de Sambor Prei Kuk que nous avons quand même envie de
voir bien qu’il soit antérieur à la période des temples d’Angkor ; c’est
un ensemble de trois temples-tours disséminés dans une forêt claire. La
promenade est très agréable, à l’ombre sur les sentiers sablonneux
surtout quand nous découvrons quelques orchidées sauvages qui poussent
ici en toute liberté ! Un groupe d’enfants, bien patient, nous talonne
pour essayer de nous vendre quelques kramas, ces foulards à carreaux
typiques du Cambodge.
Les temples sont vraiment des vestiges mais
l’on peut encore observer quelques jolies sculptures de lions, quelques
frontons décorés et de beaux lingas.
Nous restons manger dans une petite cantine sur place, ce ne sera pas le meilleur repas mais quel calme !
Dans
l’après-midi nous nous dégourdissons les jambes dans le village de
Phnom Prajat et nous avons là l’occasion d’assister à la récolte du jus
de palme et ensuite à la fabrication du sucre. Beaucoup d’enfants
viennent autour de nous « hello ! » « what is your name ? » nous
répondons en français et ils répètent après nous, beaucoup de rires !
Nous
traversons ensuite d’immenses plantations d’hévéas, la récolte a lieu
le matin et là les gobelets attachés aux troncs sont vides.
Nous
arrivons vers 18 h à Kampong Cham, installation dans un grand hôtel
impersonnel près du nouveau pont à la circulation très dense.
Repas
dans une gargote près de l’hôtel, est-ce la fatigue du voyage ? c’est
moins clean que d’habitude, c’est bruyant (télé à fond), je picore du
bout des lèvres…
Samedi 5 décembre - Kampong-Cham
Rendez-vous
à 7 h 30 pour aller petit-déjeuner dans une grande « brasserie », vieil
établissement local –Hao An Restaurant-. Les cambodgiens se retrouvent
ici très nombreux pour prendre leur premier repas de la journée en
famille, entre amis… Le petit déjeuner se compose d’une soupe aux
nouilles, mais à part notre courageux Jean-Marie, nous nous contentons
de thé ou café, de baguette (reste du protectorat français) et de beurre
et confiture, pas trop téméraires sur le sacro-saint petit déj’ à la
française !
Puis nous allons faire un bon tour au
marché qui est divisé en deux parties : d’un côté les étals de
nourriture, toujours très typique et où nous découvrons des mets
inconnus, et d’épicerie ; un peu plus loin les vêtements, les
chaussures, la droguerie. Une dame découpe avec dextérité des ananas ce
qui nous permet de les déguster sans aucun déchets !
Je suis
ravie, j’y trouve un magnifique hamac bleu (reste à planter un arbre !),
nous admirons l’habileté d’une jeune couturière, nous faisons notre
provision de noix de cajou et nous en profitons pour acheter quelques
livres pour l’école.
Pendant nos achats un monsieur vient vers
nous pour nous demander de lui écrire en français quelques mots dont il
ne connaît pas l’orthographe, c’est une chose qui est arrivée plusieurs
fois, rencontrer des gens contents de parler français.
Ensuite,
nous allons au pied du phare français, de l’autre côté du Mékong et
nous marchons quelques kms sur les berges asséchées. Directement au bord
de l’eau les paysans ont déjà fait des plantations et nous nous
promenons à travers les villages sur une longue route poussiéreuse. Ici
les maisons sont toutes sur pilotis, l’endroit est particulièrement mal
entretenu.
Sokha nous dit bien que l’éducation à l'environnement
commence sérieusement dans les écoles mais il y a encore beaucoup de
travail à faire, en particulier en ce qui concerne les parties communes
car généralement les cours des maisons sont plutôt propres.
Les mosquées ont remplacées les pagodes, nous sommes dans un quartier musulman.
Les
enfants continuent à nous héler, nous les rencontrons qui rentrent de
l’école. Nous passons d’ailleurs devant une école en très mauvais état,
elle est inondée pendant la saison des pluies, la cour ne ressemble à
rien et il y a des détritus partout ! je me demande ce que je vais
trouver à Tranpaing Anchanh !
Nous
repassons à nouveau côté ville, vers Koh Paen, l’ile que l’on voit au
milieu du fleuve, j’avais lu sur certains blogs –et vu de jolies photos-
qu’il y avait par là un joli pont de bambou…
Pas de chance !
l’eau est encore haute et la construction du pont vient juste de
commencer. Il est démonté chaque année au début de la saison des pluies
et reprend du service dès que le niveau trop bas de l’eau ne permet plus
aux bateaux de passer. Nous restons un moment à regarder l’activité sur
le fleuve.
Juste en face une pagode ancienne, au milieu de
statues (dont un Boudha décharné) de stupas et de figures d’animaux on
ne peut plus kitsch ! magnifiques peintures à l’intérieur de la pagode.

Sokha
nous amène manger tout au bout des quais, au « Smile Restaurant » C’est
un restaurant associatif qui emploie de jeunes orphelins en formation
cuisine ou service. Cette association offre aux enfants la possibilité
d’apprendre plusieurs métiers et ils ont entre autres un groupe de
danseurs cambodgiens ; Sokha nous propose un petit spectacle en fin
d’après-midi. Nous sommes OK, nous n’avons encore rien vu de ce genre,
nous espérons juste que ça ne fera pas trop représentation touristique….
On verra !
En attendant, repos à l’hôtel, il fait plus de 35° aujourd’hui… j’en profite pour faire un passage sur internet.
Puis
nous allons visiter le Phnom Pros et le Phnom Srei (montagne homme et
femme), deux collines au sommet desquelles sont posés un monastère pour
les hommes et un pour les femmes. L’endroit est très ombragé, plein de
macaques partout qui volent les offrandes pour avoir à manger, ce sont
des lieux de culte très réputés mais il y a peu de monde… encore plein
d’escaliers à monter mais 200 marches ça ne me fait plus peur !!!
Là
haut nous avons une très jolie vue, Sokha a apporté des mangoustans que
nous dégustons avec plaisir, de drôles d’insectes se sont posés sur les
arbres et nous sommes au calme…
C’est l’heure de la
représentation, la voiture nous dépose près du Vat Nokor, un ancien
sanctuaire bouddhique, un groupe joyeux de gamines vient à notre
rencontre et nous amène devant une scène en bois, en plein air, quelques
chaises en plastique installées pour nous devant l'estrade..
Ce
sont de jeunes adolescentes adorables, souriantes, gracieuses et la
représentation ne manque pas d’intérêt : danses traditionnelles, danse
des paons, danses liées à des contes, danse des calebasses et final très
enlevé… nous passons un très agréable moment d’autant plus que les
enfants nous rejoignent après le spectacle, ils sont attachants comme
tout ! Ces enfants nous ont beaucoup touchés, ils sont gais, souriants,
joyeux ; ils sont accueillis dans des familles pour la nuit, ils vont à
l’école le matin et sont en formation l’après-midi, soit dans la
restauration, dans la danse ou dans l’artisanat. Surtout n’hésitez pas à
voir leur spectacle, c’est charmant ! (www.bsda-cambodia.org)
Au
moment de repartir, la nuit est tombée entre temps, le moteur joue des
siennes ! une petite heure de démontage et de montage à la lueur des
lampes de poche et nous revoilà sur les quais de Kampong Cham.
Comme
tous les soirs dans les villes cambodgiennes les gens sont de sortie,
souvent en famille, l’ambiance est très bon enfant. Plein de petits
marchands ambulants proposent le repas du soir. C’est l’heure où il fait
plus frais, nous nous promenons tranquillement le long du Mékong au
milieu des groupes de sportifs qui font leur aérobic au son d’une
musique bien entrainante !
Un monsieur à mobylette
s’arrête près de nous et nous propose son aide en français…. Très vite
je comprends qu’il s’agit du fameux Mr Vannat dont on parle souvent sur
les guides touristiques…. Nous passons un petit moment avec lui.
Nous retournons au « Smile Restaurant », la cuisine y est excellente !
Encore une journée pleine d’émotions…
Dimanche 6 décembre - Kompong-Cham - Kratie
Dernière semaine au Cambodge, allons-nous avoir encore d’aussi bons moments ?
En
prenant la route ce matin pour Kratie nous savons que nous allons
avoir une journée de voiture....mais assez vite nous nous arrêtons pour
visiter une usine de transformation du caoutchouc. C'est dimanche et,
même si les ateliers ne sont pas à plein rendement, une chaine
fonctionne et nous permet de comprendre le procédé.
Le latex,
produit par les milliers d'hévéas dont nous avons traversé les
plantations, est répandu dans des rigoles où il trempe dans une
solution assez malodorante puis il est pulvérisé, haché, séché pour
finir en blocs très compacts qui seront emballés pour être expédiés en
Chine ou au Vietnam (30 tonnes par jour quand même !). Toute cette
transformation est très peu mécanisée, elle emploie encore beaucoup de
main-d'œuvre, le travail est difficile mais le rythme est encore assez
cool ! Pierre bien sûr imagine de suite comment rentabiliser la
production !
Plus
loin nous traversons à pied un pont sur le Mékong rien que pour le
plaisir d'admirer la pêche au carrelet. Une dame propose au bord de la
route ses fritures : des couleuvres d'eau ! J'ai quand même eu le
courage de prendre une photo !
Le
chauffeur évite le grand tour par la N7 et prend la direction de
Chloung par la RP75. La route est en plein travaux mais avec déjà de
belles portions de macadam.
Ici beaucoup de cultures d'arbres
fruitiers, de manioc, de maïs et nous nous arrêtons fréquemment pour
satisfaire notre curiosité.
Nous longeons à pied le Mékong sur 2
ou 3 kms avant Chloung, quelques cultures maraichères, des villages
flottants mais surtout un environnement très sale... pas beaucoup de
plaisir à se balader ici ! Chloung est très moche, quelques bâtiments de
l'époque coloniale pas du tout entretenus, rien à voir, rien à y
faire... juste à partir à la recherche d'une « maison aux cent piliers »
indiquée dans le LP.... Peu d'indication et quand nous la trouvons,
c'est effectivement une ancienne et immense maison khmère en bois
habitée par un ébéniste qui a entreposé son bois et ses meubles sous la
maison, au milieu des cent piliers difficiles à repérer... une partie
de la maison a brulé aussi il y a peu, donc visite inutile !
Nous
mangeons dans un restaurant au bord de la route et Sokha a prévu de
nous faire goûter du jacque au dessert, fruit du jacquier, on croirait
un peu de l'ananas au goût, c'est assez bon.
Alors que nous
longeons pratiquement le Mékong sans le voir car de nombreux villages
sont installés ici, nous traversons de nombreuse zones de travaux qui
visent à surélever la route dans cette plaine inondable.
Pratiquement
sous toutes les maisons qui sont sur de hauts pilotis, les femmes
tressent des nattes en palme, elles sont très adroites et nous montrent
avec plaisir comment elles confectionnent la trame de leur travail.
A
nouveau, pour nous dégourdir les jambes, nous terminons à pied les
derniers kms et nous allons à la découverte d' une très jolie pagode en
bois à l'entrée de Kratie.
Il
fait déjà presque nuit lorsque nous nous installons à l'hôtel face au
Mékong.Sur les quais, plein de petites gargotes où les gens prennent
leur repas du soir, beaucoup de monde, des marchands ambulants qui font
leur publicité avec un haut-parleur... voilà une petite ville bien
animée et agréable !Nous mangeons dans un
bar-restaurant-guesthouse-internet donc plein à craquer de routards.
Juste
au moment où, avant de se coucher, Pierre mets le chargeur dans la
prise de courant, c'est tout d'un coup la coupure d'électricité sur la
ville ! Drôle d'impression de se sentir comme responsable du black-out
!!!!
Lundi 7 décembre - Kratie
Il
est tôt ce matin lorsque nous arrivons à l'embarcadère de Kampi pour
prendre le bateau qui doit nous guider vers les derniers dauphins d'eau
douce. J'avoue être sceptique car plus d'une fois nous avons fait ce
genre d'expédition et nous n'avons pas vu grand chose !
A peine
avons-nous mis pied sur le bateau que nous commençons déjà à voir
poindre quelques museaux, en effet, quelques dauphins restent en
permanence près de l'embarcadère. Est-ce de bon augure ?
Ces
dauphins de l'Irrawaddy font partie d'une espèce en voie d'extinction
et heureusement des associations oeuvrant pour la protection de la
nature ont pris des mesures pour limiter leur perte : interdiction de
pêche à la dynamite, interdiction de pêche au filet dans leur zone de
présence, limitation du passage des bateaux (ils sont très sensibles au
bruit des moteurs) Environ 70 à 80 dauphins sont présents ici entre
Kratie et le Laos ; nous traversons le fleuve vers la rive opposée et
nous nous laissons flotter au gré du courant, très vite des remous à la
surface de l'eau nous indiquent leur présence. Comme tous les dauphins
ils sont obligés de remonter fréquemment à la surface pour respirer
mais ceux-ci ne font pas des bonds comme les dauphins de Méditerranée.
On voit leur museau arrondi et leur aileron, ils s'amusent à plusieurs,
apparaissent un coup à droite, un coup à gauche, tout autour du bateau
et à un moment certainement qu'une bonne vingtaine de dauphins
tournent en rond autour de nous ! Pas un mot, pas un bruit sinon le
clapotis de leurs sauts, un air frais, une jolie lumière du matin, sur
les rives des pêcheurs lancent leurs filets, quelques cris d'enfants
venant du village lacustre.... le bonheur ! (une pensée pour toi ma
pupuce !)
Malheureusement, sur les photos on ne voit pas grand chose !
Arrêt
sur le retour à Phnom Sombok, petite colline où se situe un temple en
activité (encore 200 marches !). Autour de la pagode un cercle de
petites maisons pour les nonnes et pouvant accueillir des gens de
passage désireux d'y trouver un lieu de méditation., juste dérangés par
les nombreux macaques qui font de l'équilibre partout. Alors que nous
en faisons le tour, nous sommes interpellés en français par une nonne
qui s'est retirée ici pour y finir ses jours. Veuve avec enfants et
petits-enfants, ancienne enseignante, ne voulant pas être à leur
charge, elle s'est vouée à la prière. Nous passons avec elle un moment
plein de sérénité.
Sokka nous montre au passage une
des immenses barques décorées qui participent à la fête des eaux à
Phnom-Penh ; chaque ville ou chaque province envoie son équipe à la
capitale pour l'occasion. Celle-ci peut supporter 75 rameurs !
Passage
rapide à l'hôtel et nous reprenons un bateau pour aller sur Koh Trong,
une jolie île rurale entourée de bancs de sable, juste face à Kratie
au milieu du Mékong. Cette île est habitée par des chams, une ethnie
qui vient du Vietnam.
Surprise ! cinq vélos nous attendent dans
une cahute et ça ne pouvait tomber mieux, faire le tour de cette île
sur les chemins sablonneux et ombragés nous plait à tous ! Ok, c'est
parti !
A peine un quart d'heure plus tard, c'est qu'il est déjà
largement midi, nous nous arrêtons chez l'habitant pour prendre notre
repas.
Nous ne nous y attendions pas, c'est souvent que nos deux
guides successifs nous ont fait ce genre de surprise et c'est ce qui a
contribué à ce chouette voyage...
La maison est super jolie,
tout en bois, en hauteur pour laisser toujours ce passage d'air en
dessous, d'énormes jarres permettent une réserve d'eau sous la maison,
l'intérieur présente toujours la même disposition : une grande salle,
une ou deux pièces plus intimes et la cuisine à l'arrière.Ici, pour
pouvoir recevoir des hôtes à manger ou même à dormir un coin toilettes a
été aménagé.Le couple qui nous reçoit est très sympathique, le repas
n'est pas terrible mais l'accueil est chaleureux et nous les quittons
après une bonne sieste... une fois de plus il fait très chaud !
Nous
continuons notre balade sur l'île. Une immense dépression en son
centre permet de nombreuses cultures : riz, céréales mais aussi
potagers, nous assistons au labourage des sols avec des engins
archaïques mais que les images sont belles !
Nous roulons au
milieu des rizières (un rêve !), en bord de fleuve et nous assistons au
coucher du soleil près d'une pagode vietnamienne, face à un village
flottant..
Nous
prenons le dernier bateau pour rejoindre Kratie avec une bande de
jeunes étudiants bien sympathiques et avec lesquels nous ferons plein de
photos !
Quelle bonne journée encore !
Mardi 8 décembre Kratie - Phnom Penh
Aujourd'hui à nouveau une journée de trajet pour rejoindre Phnom Penh.
Nous
téléphonons à Théa, le directeur de l'école pour y passer la journée
de vendredi. C'est OK, rendez-vous est pris. Une heure après, nouveau
coup de fil, il préfère nous voir samedi matin...dommage, ce sera moins
long ; bon, on verra !
Avant de quitter Kratie un
tour au joli marché où se trouvent réunis tous les poissons (vivants,
en tranches, en filets, fumés, séchés, salés, grillés..), tous les
légumes et tous les fruits du Cambodge ! Un vrai plaisir de se promener
au milieu de tous ces étals colorés et très typiques. Sokka nous avait
parlé des grosses crevettes pêchées dans le Mékong, hé bien oui !
Elles sont énormes, de vraies gambas ! Au passage, une fois de plus,
nous sommes désolés de voir tous ces anciens bâtiments coloniaux
laissés à l'abandon.
Arrêt
repas à Skuon où la spécialité c'est l'araignée grillée... bien sûr on
nous en présente en apéritif : ni une, ni deux, Pierre a déjà croqué
un criquet, par contre, pour les araignées nous ne consentons qu'à
goûter chacun une patte, c'est déjà pas mal ! Des enfants approchent
avec des seaux pleins de ces bestioles bien vivantes et jouent à les
faire courir sur leur bras !
Dès
notre arrivée à Phnom Penh nous visitons le Vat Phnom et nous
profitons de la proximité de la poste pour envoyer quelques dernières
cartes.
Installation au Pacific Hôtel (bof !) à l'angle du Bd
Monivong et de la 154 ; cela nous permet de nous balader dans un autre
quartier plus moderne. Puis nous embarquons pour une promenade très
agréable sur le confluent du Tonlé Sap, du Basak et du Mékong , . Un
petit bateau rien que pour nous, fauteuils en terrasse, boissons
fraiches, c'est bien aussi d'être de vrais touristes de temps en temps !
Nous remontons le Bd Sisowath à la recherche d'un restaurant et après un repas d'Amok nous remontons à pied vers l'hôtel.
Tous
les petits marchands, qui la journée envahissent les trottoirs, ont
remballé leurs marchandises et certainement regagné leur pauvre maison
loin de Phnom Penh. On sent bien que chacune de leur vente est
essentielle pour eux et que leurs maigres avoirs est une vraie aubaine.
Le Cambodge est un vrai marché en plein air, de nombreux petits
métiers ont cours ici et permettent à ceux qui ont un petit peu
d'argent à investir de devenir au moins commerçants. Des tas de
détritus jonchent le bord de la rue et ne seront pas enlevés d'ici
quelques jours...
Près de l'hôtel, entre le Bd
Monivong et le Psar Phmei, au dôme art déco qui accueille un marché des
plus achalandés, nous sommes attirés par l'animation qui règne autour
d'une galerie commerçante bien moderne. Des centaines de scooters et
vélos sont garés autour de cet endroit (Sorya Shopping Center) qui
rassemble toute la jeunesse de PNH dans ses fast food ! Quel contraste !
Nous reviendrons y faire un tour...
Mercredi 9 décembre Phnom Penh - Kep
Départ à 7 h 30 en direction de Kep, nous allons vers la mer, vers le Golfe du Siam, tout près de la frontière vietnamienne.
Premier
arrêt pour faire le tour d'un ancien temple du XI ième s. dont il ne
reste que quelques ruines mais une jolie pagode plus moderne a été
construite tout à côté.
Nouvel arrêt au pied du Phnom
Sor (montagne blanche), colline ksartique percée de nombreuses grottes
et de passages. Cette colline a l'aspect d'un dragon. Nous nous
enfonçons dans une grotte pleine de stalactites et de stalagmites,
chacune fait appel à notre imagination, des enfants nous accompagnent
avec leurs lampes! Et là, surprise nous débouchons au milieu de la
colline dans une vallée cachée dont les falaises abruptes sont
tapissées de verdure, un autel et un immense Boudha couché en son
milieu et nous repartons par un nouveau passage qui nous fait déboucher
de l'autre côté. Jolie balade mais très très chaud ce jour-là encore !
Nous arrivons à Kep juste pour le repas que nous prenons au marché aux Crabes, un vrai régal !
Pendant
les deux jours que nous passons ici nous avons fait des ventrées de
poissons et de crustacés et nous nous sommes véritablement léchés les
doigts !!! n'est-ce-pas Pierre ?
Les restaurants du marché
donnent directement sur l'eau et nous pouvons observer
l'activité,exclusivement féminine, des marchandes de crabes ! Leur
pêche est à portée de main, dans l'eau, dans des paniers, et dès qu'un
acheteur approche on les voit se livrer à une enchère sur la qualité
des crabes et à un sacré marchandage.... certaines gagnent, d'autres
perdent.... à charge de revanche. Elles sont physiquement moins fines
que les cambodgiennes rencontrées jusque-là et arborent des chapeaux en
toile à carreaux à larges bords avec en plus des pans de tissus pour
bien se protéger du soleil.
Il y a là une grande
activité, les hommes eux, sont certainement sur les bateaux que nous
voyons au large. Tôt le matin ils ramènent des kgs de ces petits crabes
mous tout bleutés et des quantifiés de seiches. Cuisinés avec le poivre
récolté dans les champs des environs, c'est un délice !
Nous
allons ensuite nous installer au « Véranda Resort » là-haut sur la
colline, d' adorables bungalows avec terrasse, petit salon au dehors,
répartis dans un jardin luxuriant.... en attendant que les chambres
soient prêtes nous avons droit à un succulent jus de fruits.... hum ! Le
séjour ici va être délicieux !
Nous
avons bien envie de marcher et de faire le tour de cette petite ville
balnéaire, un air frais qui vient de la mer rend cette balade bien
agréable. De l'hôtel nous allons vers la plage, puis vers la petite
sirène, jusqu'à la statue d'un crabe géant, et même jusqu'à la Coconut
Beach. Puis nous rentrons en longeant la mer par le marché aux crabes,
petit passage chez Lilie « la faiseuse de perles » et retour à
l'hôtel, il fait nuit !
Nous
avons vu de nombreuses villas abandonnées dans de grands jardins,
suite à la période de guerre, mais des efforts sont faits pour rendre
cette ville agréable. Le bord de mer et les plages étaient très propres
(peut-être avons-nous bénéficié de la visite récente d'un ministre),
plantés de cocotiers et de palmiers, des hôtels s'installent de plus en
plus, espérons que cet endroit restera calme ! Nous, nous avons trouvé
l'endroit charmant.
A nouveau repas au marché aux crabes, ce soir pas mal de français à table mais que par couple ou petits groupes.
Un gros gecko nous accueille au-dessus de la porte de la chambre mais il ne nous empêchera pas de passer une bonne nuit !
Jeudi 10 décembre Ile aux Lapins
Nous
partons sur l'île aux lapins « île déserte !» passer la nuit dans un
bungalow basique... C'est ce qui nous est annoncé, allons voir !
Avant
de prendre le bateau nous passons au marché. Les pêcheurs descendent
de leur bateau des casiers avec une pêche impressionnante, les fonds
sont bien poissonneux par ici !
Dès leur arrivée les femmes
vendent tous ces poissons bien frais ou les font griller sur des
barbecues sommaires. Plusieurs fûts de pâte à poisson nous font faire
la grimace ; c'est pourtant ce qui sert de base à beaucoup de sauces.
Sur
la route de l'embarcadère le minibus est obligé de ralentir avant de
doubler.... nos amis suisses sur leur vélo !!! plus de15 jours après
nous les retrouvons par hasard sur notre chemin. C'est l'occasion
d'embrassades chaleureuses et d'une photo de groupe cette fois-ci ! Ils
roulent vers le Vietnam où ils resteront quelques mois puis finiront
par la Thaïlande.... ils doivent encore y être les veinards !
Une
petite heure de bateau et nous débarquons sur une belle plage de sable
fin, face à une série de bungalows en bois au toit de paille...Je sens
qu'on va être bien ici pour finir le séjour par un peu de repos !
En
attendant, Sokka nous propose de suite de faire le tour de l'île...
!!! je suis septique, j'ai lu plusieurs fois que ce n'était pas
possible, il sourit, prend une machette et nous entraine derrière lui.
Nous
traversons la forêt derrière les bungalows et nous arrivons vite sur
le rivage opposé près de quelques maisons de pêcheurs. Ils vivent de la
récolte des algues. Elles sèchent accrochées à de longs fils ou
répandues sur des claies. Elles prennent alors une jolie teinte
rose-mauve.
Il s'agit maintenant de rester au bord de l'eau,
parfois le chemin est bien marqué, parfois il faut couper quelques
branches ou se baisser le plus possible et parfois, nous remontons le
pantalon, enlevons les chaussures et nous marchons dans l'eau !! épique
quand même certains passages dans une espèce de mangrove... Nous
découvrons aussi quelques belles plages désertes, quelques maisons de
pêcheurs et la fin du parcours nous ramène au débarcadère par un joli
chemin ombragé.
Il nous aura quand même fallu plus de deux heures pour effectuer tout ce tour !
Un bon repas de poissons et crustacés nous attend, sous les cocotiers, presque sur la plage, que c'est bon de vivre tout ça !
Les
bungalows sur pilotis sont effectivement très basiques mais bien
suffisant pour quelques nuits ! Une pièce avec un matelas posé à terre
et une moustiquaire, trois clous contre un montant en bois, un réduit à
l'arrière avec une jarre d'eau, un bol en plastique, un trou au
plancher pour l'évacuation de l'eau... et surtout, c'est le plus
important, une petit terrasse avec un hamac face à la mer !
Ce sont les quelques familles installées sur l'île qui gèrent une quinzaine de maisonnettes.
Un
anglais a posé son sac dans un des bungalow pour plusieurs mois et il
en a fait son domaine en le décorant d'objets tous plus hétéroclites
les uns que les autres ; c'est comme la visite du Palais du Facteur
Cheval !
La mer nous tend ses bras et c'est lovés dans
ses vagues que nous passons une bonne partie de l'après-midi, cool,
tranquille, rien à faire... hum! Génial !
Pendant un
bon moment nous regardons le petit garçon de nos hôtes qui joue avec
son camion-citerne, il le rempli de sable, le met à l'eau et son seul
jouet bricolé tant bien que mal a bien de la valeur pour lui... quand
nous pensons aux chambres de nos petits-enfants !
Coucher
de soleil un peu voilé, à nouveau un repas de poissons, un dessert qui
a ravivé des souvenirs d'enfance – du tapioca aux bananes cuit dans du
lait de coco- un régal !
Toilette et installation du lit à la lueur des lampes de poches... ici on vit au rythme du temps...
Le bruit doux des vagues va nous bercer toute la nuit...
Vendredi 11 décembre Kep - PhnomPenh
Les
geckos qui se battent nous réveillent ce matin, quel raffut ! La bonne
crêpe aux bananes et au chocolat du petit-déjeuner nous a calé pour la
matinée !
Bateau puis route vers Phnom-Penh...
C'est
la dernière occasion de tout regarder, de tout admirer et même si nous
nous sommes habitués aux scènes de la vie quotidienne c'est encore
avec bonheur que nous passons devant les belles mares couvertes de
lotus ou de nénuphars, c'est encore avec crainte que nous voyons les
échafaudages de marchandises sur les mobylettes, c'est avec des rires
que nous voyons des femmes installées dans les paniers en osier de
chaque côté du porte-bagage, c'est en voulant imprimer l'image que nous
reconnaissons les robes ocres des bonzes quêtant leur nourriture...
Nous goûtons aux grosses graines de fleurs de lotus, on croirait des
noisettes.
Nous
sommes aussi à la recherche d'un marchand de meubles qui pourra nous
vendre quelques étagères pour amener à l'école ; nous voyons plein de
ces étagères en rotin sur des camionnettes ou sur des motos mais pas de
commerçants au bord de la route !C'est finalement aux abords de la
capitale que je trouverais ce qu'il faut pour la classe. En nous tassant
un peu dans le minibus on arrive à caser les 4 bibliothèques, j'espère
que la maitresse sera contente !
Toute
l'après-midi nous nous promenons à Phnom Penh, un tour au Psar Thmei
et au Srya Shopping Center en haut duquel nous avons une très jolie vue
sur les toits de Phnom Penh.
Balade sur les quais,
dernier petit caprice : une manucure-pédicure pour 4 $.... hé bien, ça
ne valait effectivement que 4 $ mais nous avons bien ri, les jeunes
filles étaient charmantes ! Quelques derniers achats autour du quai
Sisowath dans des boutiques qui se réclament presque toutes
d'associations diverses.
Repas au Taboo chez un Marseillo-khmer ou un khmer de Marseille, petit restaurant sympa !
Et nous remontons à nouveau à pied le quai et la Str 154, petite pensée pour les copines en passant devant le Riverside !
Demain
c'est le jour que j'attends depuis le début du voyage, je vais aller à
la rencontre des enfants, des maitresses et du directeur de la classe
maternelle que nous soutenons avec notre petite association. Ce n'était
pas le but du voyage mais c'est quand même à force d'entendre et de
lire les récits des uns et des autres sur le Cambodge que j'ai eu envie
de connaître ce pays et de voir ces sourires dont vous parliez tous.
Jusque-là,
et volontairement, je n'ai que très peu évoqué le choc que produit la
misère que l'on ne peut ignorer. Cependant, je dois avouer que le choc,
pour moi, a été plus grand en Afrique. Je ne suis pas rentrée du
Cambodge avec autant de questionnements et de mal-être qu'au Mali où
les gens n'ont pas de quoi manger.
Oui nous avons vu
des familles pauvres, très pauvres, oui nous avons vu des adultes
estropiés, oui nous avons vu des enfants mendiants et beaucoup de gens
vivants dans la saleté. Je me refuse de juger, je me refuse de
m'attendrir ou de culpabiliser, je préfère essayer de comprendre et
aider comme je peux en participant concrètement.
Je
veux continuer à aller en voyage dans ces pays pour que les habitants
aient la fierté de nous montrer leur culture, leurs monuments, leurs
paysages, pour qu'ils puissent mieux vivre grâce à l'argent du tourisme
mais pas pour qu'ils se sentent inférieurs devant notre obole.
J'ai
eu honte au Phnom Phulen de voir une dame australienne distribuer des
billets à des gamins pour ensuite les prendre en photos ! Acheter des
sourires d'enfants !